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	<title>Carr&#233; Rouge</title>
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		<title>Carr&#233; Rouge</title>
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		<title>L'enjeu des retraites </title>
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		<description>Mercredi 9 juin &#224; 19 heures CICP, 21ter Rue Voltaire, Paris 11&#176;, (m&#233;tros Alexandre Dumas ou Rue des Boulets) L'enjeu des retraites : conf&#233;rence-d&#233;bat avec Bernard Friot L'avenir des retraites est l'un des enjeux imm&#233;diats les plus critiques du combat social et politique dans ce pays. Sous des formes sp&#233;cifiques, il l'est dans presque tous les pays. Pour le gouvernement Sarkozy, l'UMP et le Medef, m&#234;me apr&#232;s les r&#233;formes Rocard, Balladur et Fillon le syst&#232;me de (...)

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&lt;a href="http://www.carre-rouge.org/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;Editos&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Mercredi 9 juin &#224; 19 heures
CICP, 21ter Rue Voltaire, Paris 11&#176;,
(m&#233;tros Alexandre Dumas ou Rue des Boulets)&lt;/h3&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;L'enjeu des retraites : conf&#233;rence-d&#233;bat avec
Bernard Friot&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'avenir des retraites est l'un des enjeux imm&#233;diats les plus critiques du combat social et politique dans ce pays. Sous des formes sp&#233;cifiques, il l'est dans presque tous les pays. Pour le gouvernement Sarkozy, l'UMP et le Medef, m&#234;me apr&#232;s les r&#233;formes Rocard, Balladur et Fillon le syst&#232;me de retraite par r&#233;partition reste une entrave majeure &#224; la domination pleine et enti&#232;re du capital sur les salari&#233;s. Dans une configuration du capitalisme marqu&#233;e par la toute-puissance de la finance, le salaire socialis&#233; &#233;chappe aux march&#233;s financiers et lib&#232;re &#224; sa retraite le salari&#233; de toute subordination au capital. Il a ainsi un caract&#232;re &#171; non-capitaliste &#187;, anticapitaliste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Celles et ceux qui d&#233;fendent les retraites trouveront dans le nouveau livre de Bernard Friot de quoi renforcer leur d&#233;termination. Bernard Friot travaille sur les retraites depuis quinze ans. Il est le premier chercheur universitaire &#224; avoir d&#233;fini le syst&#232;me de protection social fran&#231;ais comme celui du &#171; salaire socialis&#233; &#187; (voir son livre de 1998, &lt;i&gt;Puissances du salariat. Emploi et protection sociale &#224; la fran&#231;aise&lt;/i&gt;, &#201;ditions La Dispute). Dans le livre qu'il a publi&#233; en avril 2010 sous le titre &lt;strong&gt;L'enjeu des retraites&lt;/strong&gt; (&#233;galement &#224; La Dispute), Bernard Friot a repris, actualis&#233; et prolong&#233; son analyse de 1998.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il situe maintenant la question des retraites pleinement dans la perspective de l'&#233;mancipation sociale des travailleurs. Dans sa conclusion, il appelle les salari&#233;s, &#224; commencer par les militants syndicaux et politiques, &#224; inscrire leur combat dans la perspective non de &#171; plein emploi &#187; sous la f&#233;rule du capital, mais d'un &#233;tat de choses o&#249; &#171; la qualification et le salaire ne d&#233;pendraient plus des d&#233;cisions d'employeurs sur un march&#233; du travail &#187;. Bernard Friot &#233;crit qu'il &#171; ne s'agit pas non plus de &#8216;s&#233;curiser' la condition des travailleurs, vocabulaire o&#249; les travailleurs sont des mineurs sociaux qui ont aucun droit sur la direction de l'&#233;conomie. L'enjeu des retraites, c'est de sortir des revendications de s&#233;curit&#233; du revenu et de l'emploi pour promouvoir une nouvelle figure du travailleur en mesure de soutenir notre aspiration commune &#224; diriger l'&#233;conomie et de sortir enfin de l'&#233;conomisme de la valeur-travail &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Venez donc nombreux le 9 juin &#224; d&#233;battre avec Bernard Friot.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les &#233;v&#232;nements en Gr&#232;ce ouvrent un moment critique pour les travailleurs et la jeunesse dans tous les pays d'Europe</title>
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		<description>Les &#233;v&#232;nements en Gr&#232;ce ouvrent un moment critique pour les travailleurs et la jeunesse dans tous les pays d'Europe Si ce n'&#233;tait pas encore totalement clair il y a un mois ou m&#234;me dix jours, on sait maintenant que l'Europe est devenue &#224; la fois l'&#233;picentre de la crise &#233;conomique et financi&#232;re mondiale et un terrain majeur d'affrontement social et politique entre le capital et les travailleurs et la jeunesse. A cette &#233;tape, elle est m&#234;me politiquement le (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Les &#233;v&#232;nements en Gr&#232;ce ouvrent un moment critique pour les travailleurs et la jeunesse dans tous les pays d'Europe&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si ce n'&#233;tait pas encore totalement clair il y a un mois ou m&#234;me dix jours, on sait maintenant que l'Europe est devenue &#224; la fois l'&#233;picentre de la crise &#233;conomique et financi&#232;re mondiale et un terrain majeur d'affrontement social et politique entre le capital et les travailleurs et la jeunesse. A cette &#233;tape, elle est m&#234;me politiquement le terrain principal.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce sont les banques et les fonds de placement financier qui en ont d&#233;cid&#233; ainsi. Ils ont forc&#233; les gouvernements &#224; suivre. Le mot &#171; d&#233;cision &#187; n'est sans doute pas celui qui soit le plus exact. On a &#224; faire aux besoins pressants de valorisation des capitaux engag&#233;s dans une concurrence aveugle intense. Ayant &#233;t&#233; sauv&#233;s de la faillite en octobre 2008 et s'&#233;tant refait une sant&#233; depuis, les banques et les Hedge funds veulent contrecarrer, chacun pour son compte, la baisse des dividendes due &#224; la chute de la production et du ch&#244;mage. Pour cela il faut accro&#238;tre la ponction d'int&#233;r&#234;ts sur les dettes publiques et engranger des profits dans la sp&#233;culation sur les monnaies. Il est absolument certain que si les plans d'aust&#233;rit&#233; exig&#233;s par les d&#233;cisions prises &#224; Bruxelles dimanche sont mis en &#339;uvre, la crise &#233;conomique va s'aggraver, mais de cela les banques et les fonds de placement financier n'ont rien &#224; faire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Car derri&#232;re le mouvement aveugle du profit et l'anarchie de la concurrence, il y a aussi le conscient et l'inconscient politiques du capital. Pour celui-ci, l'Europe est le continent o&#249; malgr&#233; le thatch&#233;risme et les avanc&#233;es de la r&#233;volution n&#233;oconservatrice, il y a toujours un Etat social qu'il a fortement affaibli mais qu'il lui faut tenter de d&#233;truire compl&#232;tement. Pour le capital l'Europe reste aussi le continent par excellence o&#249; l'id&#233;e d'&#233;mancipation sociale n'a pas &#233;t&#233; extirp&#233;e, celui o&#249; au-del&#224; de tous les &#233;checs ouvriers du 20&#232;me si&#232;cle, divers courants cherchent &#224; donner vie encore et toujours &#224; la perspective du communisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les banques et les fonds de placement financier ont brusqu&#233; les choses. Aucun gouvernement n'&#233;tait pr&#234;t &#224; l'affrontement imm&#233;diat. Au mois d'avril encore, dans chaque pays le calendrier &#233;lectoral ou la situation politique &#233;taient tels, qu'il semblait &#224; tous les gouvernements n&#233;cessaire ou pr&#233;f&#233;rable d'attendre. M&#234;me pour Obama, le d&#233;placement de l'&#233;picentre de la crise &#233;conomique et financi&#232;re mondiale vers l'Europe avec l'affrontement social et politique avec les travailleurs et la jeunesse qu'elle implique dans ce continent, n'&#233;tait pas inscrit dans l'imm&#233;diat dans son agenda. Lui aussi a d&#251; suivre. Donc par trois fois d&#233;j&#224; il est intervenu aupr&#232;s des dirigeants politiques europ&#233;ens, allemand et maintenant espagnol.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le plan d&#233;cid&#233; dimanche par les gouvernements de l'Union europ&#233;enne avec l'aide du FMI et de la Banque centrale europ&#233;enne (BCE) est une d&#233;claration de guerre contre les salari&#233;s et, plus globalement, contre la jeunesse et l'ensemble des exploit&#233;s. Il a imm&#233;diatement commenc&#233; &#224; &#234;tre d&#233;clin&#233; dans chaque situation nationale. Ce n'est plus de la Gr&#232;ce seule qu'il s'agit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par des articles et tous types de textes, venant du collectif de Carr&#233; rouge aussi bien que d'autres sources et auteurs, nous tenterons d'&#233;clairer les racines de ce nouveau moment et des combats qu'il suscite, &#224; commencer par ceux qui se m&#232;nent en Gr&#232;ce. Nous commen&#231;ons en mettant en ligne un article qui explique la gen&#232;se des dettes publiques et qui argumente en faveur du mot d'ordre de non-paiement, de d&#233;nonciation de ces dettes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La dette de la Gr&#232;ce</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Chesnais</dc:creator>



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&lt;a href="http://www.carre-rouge.org/spip.php?rubrique3" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;


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		<title>Le num&#233;ro 43 de Carr&#233; rouge (version papier) est paru.</title>
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		<description>Si vous souhaitez vous procurer un ou plusieurs exemplaires de ce num&#233;ro, contactez-nous ici Au sommaire RUSSIE : F&#233;d&#233;ration de Russie : le mouvement ouvrier et syndical en 2009. Des tendances contradictoires : consolidation et morcellement , par Carine Cl&#233;ment IRAN : El&#233;ments pour comprendre le combat contre la dictature th&#233;ocratique en Iran, par Nadine Floury et Fran&#231;ois Chesnais HAITI : La longue histoire des rapports entre Ha&#239;ti et les Etats-Unis , par Robert Chesnais (...)

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&lt;a href="http://www.carre-rouge.org/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;Editos&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Si vous souhaitez vous procurer un ou plusieurs exemplaires de ce num&#233;ro, contactez-nous&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='http://www.carre-rouge.org/spip.php?article8' class='spip_in'&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;/h3&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Au sommaire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.carre-rouge.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;strong&gt;RUSSIE : F&#233;d&#233;ration de Russie : le mouvement ouvrier et syndical en 2009. Des tendances contradictoires : consolidation et morcellement &lt;/strong&gt;, par &lt;i&gt;Carine Cl&#233;ment&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;BR&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.carre-rouge.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;strong&gt;IRAN : El&#233;ments pour comprendre le combat contre la dictature th&#233;ocratique en Iran&lt;/strong&gt;, par &lt;i&gt;Nadine Floury et Fran&#231;ois Chesnais&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;BR&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.carre-rouge.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;strong&gt;HAITI : La longue histoire des rapports entre Ha&#239;ti et les Etats-Unis &lt;/strong&gt;, par &lt;i&gt;Robert Chesnais&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;BR&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.carre-rouge.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;strong&gt;RETRAITES : L'enjeu des retraites&lt;/strong&gt;, par &lt;i&gt;Bernard Friot&lt;/i&gt;
&lt;BR&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.carre-rouge.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &lt;strong&gt; DISCUSSION : Les faux d'Alain Bihr, les d&#233;rives de Michel Husson&lt;/strong&gt;, par &lt;i&gt;Louis Gill&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;BR&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Journ&#233;e de la col&#232;re en Russie</title>
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		<dc:date>2010-03-23T21:21:52Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Carine Cl&#233;ment</dc:creator>



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&lt;a href="http://www.carre-rouge.org/spip.php?rubrique3" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;


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		<title>L'enjeu des retraites</title>
		<link>http://www.carre-rouge.org/spip.php?article308</link>
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		<dc:creator>Bernard Friot</dc:creator>



		<description>Bernard Friot publie en mars chez l'&#233;diteur La Dispute un livre sous le titre L'enjeu des retraites. Ce titre neutre cache un livre tr&#232;s militant qui revient sur une question o&#249; selon les m&#233;dias &#171; tout serait dit &#187;. Le livre renouvelle le regard sur le &#171; bonheur du retrait&#233; &#187;, celui qui b&#233;n&#233;ficie du &#171; salaire continu&#233; &#187; et dont le travail est enfin lib&#233;r&#233; du capital. Bernard Friot nous livre ici la primeur de son (...)

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&lt;a href="http://www.carre-rouge.org/spip.php?rubrique19" rel="directory"&gt;Travaux de r&#233;flexion sur l'actualit&#233; du communisme, socialisme&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Bernard Friot publie en mars chez l'&#233;diteur La Dispute un livre sous le titre L'enjeu des retraites. Ce titre neutre cache un livre tr&#232;s militant qui revient sur une question o&#249; selon les m&#233;dias &#171; tout serait dit &#187;. Le livre renouvelle le regard sur le &#171; bonheur du retrait&#233; &#187;, celui qui b&#233;n&#233;ficie du &#171; salaire continu&#233; &#187; et dont le travail est enfin lib&#233;r&#233; du capital. Bernard Friot nous livre ici la primeur de son analyse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'enjeu des retraites</title>
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		<description>Bernard Friot publie en mars chez l'&#233;diteur La Dispute un livre sous le titre L'enjeu des retraites. Ce titre neutre cache un livre tr&#232;s militant qui revient sur une question o&#249; selon les m&#233;dias &#171; tout serait dit &#187;. Le livre renouvelle le regard sur le &#171; bonheur du retrait&#233; &#187;, celui qui b&#233;n&#233;ficie du &#171; salaire continu&#233; &#187; et dont le travail est enfin lib&#233;r&#233; du capital. Bernard Friot nous livre ici la primeur de son analyse. L'enjeu des retraites Bernard Friot (...)

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&lt;a href="http://www.carre-rouge.org/spip.php?rubrique1" rel="directory"&gt;Editos&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Bernard Friot publie en mars chez l'&#233;diteur La Dispute un livre sous le titre L'enjeu des retraites. Ce titre neutre cache un livre tr&#232;s militant qui revient sur une question o&#249; selon les m&#233;dias &#171; tout serait dit &#187;. Le livre renouvelle le regard sur le &#171; bonheur du retrait&#233; &#187;, celui qui b&#233;n&#233;ficie du &#171; salaire continu&#233; &#187; et dont le travail est enfin lib&#233;r&#233; du capital. Bernard Friot nous livre ici la primeur de son analyse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;L'enjeu des retraites&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Bernard Friot&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'appr&#233;cie la possibilit&#233; de parler ici du livre que je publie en mars. L'enjeu central des retraites est l'&#233;mancipation du travail de la valeur travail. Toutes les institutions n&#233;cessaires &#224; cette &#233;mancipation existent d&#233;j&#224;. Elles sont le fruit d'une construction pragmatique. Il faut leur donner aujourd'hui une densit&#233; th&#233;orique afin d'en faire le fondement d'un discours alternatif &#224; l'argumentaire dominant. En mati&#232;re de retraites, l'affaire semble entendue et ne pas souffrir de d&#233;bat : il y a un probl&#232;me des retraites. Un probl&#232;me d&#233;mographique, d'abord. Avec le passage d'un actif pour un retrait&#233; &#224; un pour deux d'ici 50 ans, la question selon la pr&#233;sidente du Medef, ne serait &#171; ni de droite ni de gauche, mais arithm&#233;tique &#187;. Un probl&#232;me comptable, ensuite : les d&#233;ficits actuels et surtout pr&#233;vus seraient tels qu'il faudrait dans l'urgence &#171; sauver le r&#233;gime par r&#233;partition &#187; en r&#233;duisant ses prestations, &#224; &#171; compl&#233;ter &#187; par de la capitalisation. Un probl&#232;me moral, enfin : il faudrait r&#233;tablir la &#171; solidarit&#233; interg&#233;n&#233;rationnelle &#187; car nous serions en train de nous constituer des droits qui obligeront nos enfants &#224; nous payer dans l'avenir des pensions d'un trop fort niveau compte tenu de ce qu'ils pourront produire. Et Madame Parisot n'est pas la seule &#224; nous le dire : les gouvernements successifs de droite et de gauche nous le disent depuis vingt ans, les experts nous le r&#233;p&#232;tent de rapports en rapports, et le consensus est partag&#233;.
Il faut combattre pour briser ce consensus. C'est le sens de ce livre. Le r&#233;sultat de mes recherches et de mes r&#233;flexions peut se r&#233;sumer dans les propositions suivantes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Le but des r&#233;formateurs est de mettre fin aux retraites comme &#171; salaire continu&#233; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La r&#233;forme poursuivie avec une grande continuit&#233; au moyen d'une succession de dispositions r&#233;glementaires et l&#233;gislatives par les gouvernements fran&#231;ais successifs depuis 1987 a pour but de mettre fin au syst&#232;me des retraites en tant que &#171; salaire continu&#233; &#187;. Celui-ci est aux c&#244;t&#233;s de l'assurance-maladie la composante centrale du &#171; salaire socialis&#233; &#187; dont j'ai fait l'histoire et la th&#233;orie dans un livre pr&#233;c&#233;dent . Apr&#232;s l'abandon du syst&#232;me de l'&#233;pargne retraite par le gouvernement de Vichy en 1941, la pension des salari&#233;s du priv&#233; va progressivement se rapprocher du &#171; traitement continu&#233; &#187; de la fonction publique. Les droits des fonctionnaires reposent sur leur qualification (leur grade) et non sur leur emploi (leur poste) : attach&#233; &#224; leur personne, leur grade ne s'&#233;teint pas avec leur cessation d'activit&#233; et leur pension, calcul&#233;e sur la base de leur dernier (et meilleur) salaire, est en permanence revaloris&#233;e selon la valeur courante de l'indice qui a servi &#224; leur calcul. Elle est bien du salaire continu&#233;, et ce mod&#232;le de la fonction publique sera transpos&#233; dans les entreprises &#224; statut (SNCF, EDF-GDF, pour prendre les plus importantes). Comme remplacement du meilleur salaire de la personne, index&#233; sur le mouvement moyen des salaires, il sert d'horizon pour les salari&#233;s du secteur priv&#233; dont la pension va se rapprocher du salaire continu&#233; avec r&#233;f&#233;rence aux 10 meilleures ann&#233;es et indexation sur les salaires. Cette progression est assur&#233;e par une hausse constante du taux de cotisation, qui passe de 8 &#224; 25% du salaire brut ente 1945 et les ann&#233;es 1980. Juste avant la r&#233;forme, l'&#233;chantillon inter r&#233;gimes des retrait&#233;s donne le taux de remplacement du dernier salaire net par la premi&#232;re pension nette des retrait&#233;s &#224; carri&#232;re compl&#232;te n&#233;s en 1930 : il est en moyenne, pour le secteur priv&#233;, de 84%. Certes, tous les retrait&#233;s n'ont pas une carri&#232;re compl&#232;te, les femmes en particulier, mais les femmes peuvent esp&#233;rer, avec l'am&#233;lioration du taux d'emploi des cohortes arrivant &#224; la retraite dans les ann&#233;es 2000, une nette am&#233;lioration de leur situation. Ce sont les femmes que la r&#233;forme, qui stoppe cette progression, vise en premier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce qui justifie de parler de &#171; r&#233;forme &#187; au singulier est la constance de la d&#233;termination r&#233;formatrice des gouvernements, de gauche comme de droite, qui partagent et poursuivent un projet expos&#233; clairement depuis 1991 dans le Livre Blanc de Michel Rocard. Qu'on en juge : Chirac indexe les pensions du secteur priv&#233; sur les prix par une mesure r&#233;glementaire de 1987 qu'en 1993 Balladur transforme en loi pour cinq ans, loi que Jospin p&#233;rennise en 1998, que Raffarin &#233;tend &#224; la fonction publique en 2003 et Fillon aux r&#233;gimes sp&#233;ciaux (SNCF, EDF-GDF...) en 2008. Rocard &#233;nonce en 1991 les principes de s&#233;paration entre contributif et non contributif, de durcissement des conditions de retraite &#224; taux plein &#224; 60 ans, d'extension de la p&#233;riode du salaire de r&#233;f&#233;rence et d'allongement de la dur&#233;e d'une carri&#232;re compl&#232;te que B&#233;r&#233;govoy, qui en d&#233;pose en 1992 le projet de loi, n'a pas le temps de mettre en &#339;uvre et dont Balladur r&#233;alise en 1993 une premi&#232;re &#233;tape que compl&#232;te Raffarin en 2003. Jupp&#233; rate en 1995 la r&#233;forme des r&#233;gimes sp&#233;ciaux que Fillon r&#233;alise en 2008 ; sa loi sur les fonds de pension n'a pas de d&#233;crets d'application quand il perd le pouvoir et Jospin l'abroge pour cr&#233;er un fonds de r&#233;serve et une formule d'&#233;pargne salariale qui servira de matrice &#224; l'&#233;pargne retraite que met en place Raffarin, avec en prime un fonds de pension obligatoire dans la fonction publique. Jospin refuse &#224; ses alli&#233;s communistes une loi rendant possible la retraite pleine avant 60 ans pour les travailleurs &#224; carri&#232;re longue, car il entend en faire la monnaie d'&#233;change de la r&#233;forme du r&#233;gime des fonctionnaires que son &#233;chec aux pr&#233;sidentielles ne lui donnera pas l'occasion de mener &#224; bien, mais que Raffarin n&#233;gocie avec la CFDT un fameux 16 mai 2003 &#8230; contre la retraite avant 60 ans pour les travailleurs ayant cotis&#233; quarante ans. Jospin installe en 2001 un Conseil d'orientation des retraites qui produit depuis le r&#233;f&#233;rentiel consensuel de la r&#233;forme, celles de 2003, de 2008, et celle &#224; venir dont il vient de tracer les grands traits dans son rapport de janvier 2010.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La r&#233;forme peut donc se r&#233;sumer en deux objectifs centraux : donner un coup d'arr&#234;t quantitatif au mouvement de continuation du salaire dans la pension &#224; partir de 60 ans et qualitativement, d&#233;lier la pension du salaire pour la lier &#224; l'&#233;pargne, au revenu diff&#233;r&#233; et &#224; l'allocation tut&#233;laire, trois formes de ressources r&#233;solument non salariales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Qu'est-ce un retrait&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un retrait&#233; est celui qui n'est pas un &#171; vieux &#187;. Voici quelques d&#233;cennies en effet, dans le langage courant, les fonctionnaires ou les cadres &#226;g&#233;s, qui ont les premiers acc&#233;d&#233; &#224; la retraite, n'&#233;taient pas d&#233;sign&#233;s comme &#171; vieux &#187;, terme r&#233;serv&#233; aux ouvriers ou aux employ&#233;s qui n'ont touch&#233; une pension pr&#233;sentant un r&#233;el taux de remplacement de leur salaire qu'au cours des ann&#233;es 1970. Aujourd'hui encore, &#171; vieux &#187; d&#233;signe davantage une femme qu'un homme, non pas d'abord parce que les femmes meurent plus &#226;g&#233;es, mais parce qu'elles acc&#232;dent plus difficilement &#224; la pension de retraite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un retrait&#233; est d'autant moins un &#171; vieux &#187; et d'autant plus un &#171; retrait&#233; &#187; qu'il touche une part &#233;lev&#233;e de son salaire d'activit&#233;. Et cette pension est un salaire &#224; vie. Quoi qu'il fasse, ce salaire est irr&#233;vocable. Il le touche chaque mois sans qu'il craigne de le perdre et sans que des comptes lui soient demand&#233;s sur sa l&#233;gitimit&#233;. Et que fait-il avec ce salaire &#224; vie ? S'il est en bonne sant&#233;, s'il a conserv&#233; de sa vie professionnelle ou cr&#233;&#233; depuis un r&#233;seau social porteur de projets, il travaille. Ce sont ces retrait&#233;s qui le disent : ils &#171; n'ont jamais autant travaill&#233; &#187;, ils &#171; n'ont jamais &#233;t&#233; aussi heureux de travailler &#187;. Certes il ne s'agit l&#224; que d'une forte minorit&#233;, mais sur les bient&#244;t quinze millions de retrait&#233;s, cela fait du monde ! Cela en fait des enfants qui voient leurs grands parents heureux au travail alors qu'ils constatent que leurs parents, eux, s'y &#233;puisent, partag&#233;s entre l'amertume, l'angoisse et la rage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et si la r&#233;forme des pensions avait &#224; voir avec cette exp&#233;rience contradictoire du bonheur et du malheur au travail ? Quel est le secret du bonheur des retrait&#233;s au travail ? Entre les conditions dans lesquelles les actifs et les retrait&#233;s sont au travail, quelle est la diff&#233;rence qui explique que la source de malheur pour les uns est une source de bonheur pour les autres ? Cette diff&#233;rence saute aux yeux : le salaire des retrait&#233;s est irr&#233;vocable, ils n'ont pas d'emploi et n'ont pas &#224; se pr&#233;senter sur un march&#233; du travail, ils ne produisent pas sous la dictature du temps de travail : en un mot, c'est leur qualification personnelle qu'ils d&#233;ploient.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors le &#171; sauvons les retraites ! &#187; des r&#233;formateurs prend un tout autre sens. Non pas faire face &#224; un vieillissement et un choc d&#233;mographique dont mon livre montre qu'ils sont fantasm&#233;s, mais ramener les vieux &#224; la maison. R&#233;affirmer que la retraite est du temps de loisirs bien m&#233;rit&#233; apr&#232;s une longue vie de travail. Que le travail est affaire d'emploi et donc d'employeurs et de march&#233; du travail. Que les choses s&#233;rieuses se font entre actionnaires, dirigeants &#171; de grand talent &#187; et &#233;ditorialistes &#233;conomistes, et qu'il faut laisser les seniors s'amuser dans le bac &#224; sable de leurs &#171; activit&#233;s &#187;. Rappeler aux salari&#233;s qu'ils sont titulaires non pas d'une qualification leur donnant droit de regard sur les fins et les moyens du travail, mais d'un gagne pain g&#233;n&#233;rant un droit &#224; un revenu diff&#233;r&#233; apr&#232;s leur dernier emploi. Bref remettre les pendules &#224; l'heure du capital.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Ce que la r&#233;forme nous dit au sujet du capitalisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le capitalisme est cette forme sp&#233;cifique d'organisation de la production qui la mesure &#8211; qui lui donne valeur - par le temps de travail moyen n&#233;cessaire. Le travail n'a pas de valeur. Il est, sous sa forme abstraite pr&#233;sente dans toute production la mesure de la valeur. Les marchandises valent le temps de travail n&#233;cessaire &#224; leur production, non pas le temps individuel, mais le temps moyen que r&#233;v&#232;le le prix auquel elles s'&#233;changent. Seul le capitalisme mesure la production par le travail, parce qu'il s'est construit sur la base d'un rapport social abstrait : le rapport d'&#233;change entre des vendeurs et acheteurs de &#171; forces de travail &#187; vou&#233;es &#224; produire des marchandises, c'est-&#224;-dire des biens ou services mesur&#233;s non pas par leur utilit&#233; mais par la quantit&#233; de travail abstrait qu'ils incorporent. Le march&#233; du travail d&#233;finit les individus comme forces de travail &#171; demandeuses d'emploi &#187;. Ces forces de travail ne peuvent &#234;tre mises en &#339;uvre qu'&#224; l'initiative d'employeurs qui les ach&#232;tent sur le march&#233; et les mettent en &#339;uvre selon la logique de la valeur travail pour la production de marchandises, seules g&#233;n&#233;ratrices du profit. Pour qu'il y ait profit, il faut que tout, travailleurs et produits, soit transform&#233; en marchandise, et que ce soit donc le d&#233;nominateur commun &#224; ces marchandises, &#224; savoir le temps de travail abstrait n&#233;cessaire &#224; leur fabrication, qui devienne la mesure de toute chose. D'o&#249; la dictature du temps de travail que va introduire la comp&#233;tition inter-capitaliste. L'organisation de la production sur la base d'une telle abstraction est marqu&#233;e par une contradiction essentielle : elle &#233;mancipe le capital des modalit&#233;s traditionnelles du travail, ce qui est la source d'une dynamique infinie dans la production de marchandises, tandis que se creusent les effets de l'exploitation de producteurs d&#233;poss&#233;d&#233;s de leurs capacit&#233;s cr&#233;atrices et vou&#233;s &#224; produire des marchandises qui leur &#233;chappent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aujourd'hui, nous sommes bien plus riches qu'il y a quarante ans (le PIB a doubl&#233; en euros constants), mais nous vivons bien plus mal cette dimension d&#233;cisive de notre existence qu'est le travail. Le constat d'une consommation plus large ne compense plus l'exp&#233;rience am&#232;re de l'incertitude, du d&#233;sint&#233;r&#234;t, du m&#233;pris et de la fatigue au travail, d'autant que le doute s'est install&#233; sur la consommation de produits dont le caract&#232;re toujours plus marchand alt&#232;re la qualit&#233; ou la finalit&#233;. Bref, les apories d'une production dynamique qui mutile les personnes et d&#233;voie les produits sont en train d'&#233;clater au grand jour.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le bonheur au travail des retrait&#233;s est que, pr&#233;cis&#233;ment, dot&#233;s de l'assurance d'un salaire &#224; vie, ils travaillent lib&#233;r&#233;s du joug de la valeur travail. Cette exp&#233;rience est massive, mais non dite dans l'espace public : nombre de retrait&#233;s la vivent m&#234;me comme un privil&#232;ge dont ils sont g&#234;n&#233;s quand ils comparent leur bonheur au travail et le malheur au travail de tant &#171; d'actifs &#187;. Il importe que ce bonheur priv&#233; devienne public, en d&#233;montrant que ce que vivent les retrait&#233;s au travail peut devenir la norme universelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. La qualification personnelle des retrait&#233;s permet de lib&#233;rer le travail de &#171; l'emploi &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le salaire continu&#233; repose sur une qualification personnelle. Dans la minorit&#233; significative des retrait&#233;s qui sont au travail, selon des formes et sur des objets qu'ils d&#233;cident, on trouve des personnes qui mobilisent trois atouts : une pension en r&#233;el rapport avec leurs meilleurs salaires, des capacit&#233;s transversales reconnues qu'ils vont pouvoir transposer (le gestionnaire d'une petite entreprise qui va devenir juge au tribunal de commerce ou la prof de comptabilit&#233; tr&#233;sori&#232;re d'un club sportif amateur), un r&#233;seau personnel de pairs qu'en g&#233;n&#233;ral ils avaient constitu&#233; avant leur retraite, ou qu'ils ont pu construire dans les premi&#232;res ann&#233;es de leur retraite. Ce sont l&#224; les trois ingr&#233;dients indispensables de la qualification personnelle, celle qui est attach&#233;e &#224; la personne, et non pas &#224; l'emploi, et qui peut effectivement se mettre en &#339;uvre dans la libert&#233; : l'absence de l'un des trois rend plus difficile la &#171; seconde carri&#232;re &#187; des retrait&#233;s. Arm&#233;s d'une qualification personnelle, les retrait&#233;s sont en mesure de travailler hors du carcan de la valeur travail : ils n'ont besoin ni de se pr&#233;senter sur un march&#233; du travail, ni de se soumettre &#224; un employeur, ni de transformer leur production en marchandise.
Les activit&#233;s des retrait&#233;s sont-elles du travail ? Oui si on d&#233;sassocie le travail de l'emploi. Il n'y a pas d'essence du travail, ce qui est d&#233;sign&#233; comme &#171; travail &#187; est contingent, fort diff&#233;rent d'une soci&#233;t&#233; &#224; une autre ou d'un si&#232;cle &#224; l'autre. C'est en permanence l'objet du d&#233;bat public. La logique de l'emploi veut que tout travail qui &#233;chappe &#224; la mesure par le temps n'en soit pas vraiment et n'ait pas &#224; &#234;tre pay&#233;. Or, parce que l'emploi, qui r&#233;duit les personnes &#224; des forces de travail soumises &#224; la valeur travail, a &#233;t&#233; aussi, historiquement, le vecteur de la socialisation du salaire &#224; travers la cotisation sociale et la qualification des postes, la d&#233;finition du travail est aujourd'hui tiraill&#233;e entre l'emploi et le salaire socialis&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le &#171; travail &#187;, est-ce la part de notre activit&#233; vou&#233;e &#224; produire des marchandises pour alimenter le capital (emploi), ou est-ce la part de notre activit&#233; qui met en &#339;uvre notre qualification (salaire socialis&#233;) ? La r&#233;cente mise en emploi de tout une s&#233;rie d'activit&#233;s de service aux personnes les a transform&#233;es en travail, et de la plus mauvaise fa&#231;on pour la derni&#232;re vague d'entre elles, les services au domicile, contemporaine de la transformation des emplois en jobs, car le salaire socialis&#233; li&#233; &#224; ces emplois est faible. Contradictoirement, le constat que la pension se rapproche d'un salaire continu&#233; conduit &#224; consid&#233;rer comme du travail les activit&#233;s des pensionn&#233;s men&#233;es hors de tout emploi. Et &#224; en tirer toutes les cons&#233;quences quant au changement de sens du mot travail dont est porteur le fait d'assumer comme travail des activit&#233;s d&#233;livr&#233;es du march&#233; du travail et de la valeur travail. Nous pouvons, &#224; partir de l'exp&#233;rience des retrait&#233;s, imposer un autre fondement de la reconnaissance sociale du travail : non plus l'emploi mais la qualification des personnes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;5. Les confusions autour de la &#171; solidarit&#233; interg&#233;n&#233;rationnelle &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'argument classique selon lequel les retrait&#233;s ne travaillent pas dit qu'ils d&#233;pendent du travail des actifs lequel serait &#224; l'origine de la cotisation vieillesse. Cet argument est faux. La pr&#233;notion qui veut que &#171; les actifs financent les inactifs &#187;, et que la cotisation sociale soit une &#171; taxe sur le travail &#187; repose sur la confusion entre flux de monnaie et flux de valeur. La valeur a son support dans la richesse produite, la monnaie est l'expression de la valeur mais non son support. Le travail des retrait&#233;s cr&#233;e de la richesse &#224; laquelle est attribu&#233;e une valeur, et les pensions sont l'expression mon&#233;taire de cette valeur. La valeur attribu&#233;e au travail des retrait&#233;s n'a pas de mesure marchande, elle est mesur&#233;e par leur qualification personnelle, &#224; laquelle, comme pour toute qualification, est associ&#233; un salaire, la pension.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'illusion du &#171; transfert social &#187;, en tant que transfert de valeur d'un groupe &#224; un autre, vient du mode de cr&#233;ation mon&#233;taire dans nos &#233;conomies capitalistes. La forme qu'impose le capital &#224; la cr&#233;ation mon&#233;taire est d&#233;cisive parce que la tyrannie de la valeur travail, cl&#233; de l'extorsion du profit, n'est possible que si la production est marchande. Ne cr&#233;er de monnaie qu'&#224; l'occasion de l'anticipation du chiffre d'affaires des entreprises, c'est donc disposer de la force de rappel qui en permanence impose la loi du capital. Si seules les marchandises sont l'occasion de cr&#233;ation mon&#233;taire, alors toute reconnaissance du travail non marchand, toute reconnaissance du travail non subordonn&#233; &#224; la valeur travail, a deux cons&#233;quences. D'une part elle entra&#238;ne une hausse du prix des marchandises, qui doivent inclure la reconnaissance suppl&#233;mentaire de ce travail qui ne trouve pas sa reconnaissance directe ; et cette hausse est en permanence d&#233;nonc&#233;e comme obstacle &#224; la comp&#233;titivit&#233; des entreprises en p&#233;riode de mondialisation de la concurrence afin de rogner sur les &#171; &lt;i&gt;co&#251;ts du travail&lt;/i&gt; &#187;. D'autre part cette reconnaissance se fait concr&#232;tement par des &#171; &lt;i&gt; transferts&lt;/i&gt; &#187; mon&#233;taires sous forme d'imp&#244;ts et de cotisations sociales qui sont en permanence disqualifi&#233;s comme &#171; &lt;i&gt;pr&#233;l&#232;vements obligatoires&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette expression de combat repose sur l'assimilation erron&#233;e des flux mon&#233;taires et des flux de valeur. Comme la monnaie n'est cr&#233;&#233;e qu'&#224; l'occasion du prix attribu&#233; aux marchandises des entreprises capitalistes (par le jeu des anticipations de ce prix par les banques pr&#234;teuses &#224; ces entreprises), celle qui mesure la valeur de la richesse cr&#233;&#233;e par les retrait&#233;s transite par ces marchandises, et donc un flux mon&#233;taire passe des titulaires d'emploi du secteur capitaliste vers les pensionn&#233;s &#224; travers la cotisation vieillesse. Mais il ne s'agit pas d'un transfert de valeur : ce sont bien les retrait&#233;s qui produisent la richesse &#224; laquelle est attribu&#233;e la valeur correspondant &#224; leur qualification.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;6. Le probl&#232;me d&#233;mographique est un fantasme, l'augmentation du taux de cotisation patronale est possible et n&#233;cessaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le consensus sur l'existence d'un choc d&#233;mographique, argument fondateur de la r&#233;forme des retraites, s'enracine dans l'absurde conviction que nos soci&#233;t&#233;s vieillissent et que le rapport entre les g&#233;n&#233;rations est un enjeu social majeur. Or les notions de g&#233;n&#233;ration et de vieillesse, qui ont &#233;videmment un sens dans le champ de la biographie ou dans celui de la famille, n'ont aucune pertinence dans celui de la soci&#233;t&#233;. Aujourd'hui, y compris dans un cadre statistique qui fait des retrait&#233;s des inactifs, nos soci&#233;t&#233;s de longue vie sont plus productives que les soci&#233;t&#233;s &#224; faible esp&#233;rance de vie, dont les PIB par t&#234;te sont plus faibles, ce qui d&#233;truit l'argument d&#233;mographique. Et, s'agissant de la production de la richesse, les actifs et les retrait&#233;s ne sont pas dans un rapport de g&#233;n&#233;ration : ils ont le m&#234;me statut de salari&#233;s pay&#233;s &#224; la qualification, sauf que les actifs travaillent en subordination &#224; un employeur et les retrait&#233;s non.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Or, pr&#233;cis&#233;ment, l'originalit&#233; inou&#239;e de la retraite avec salaire continu&#233; est qu'elle a r&#233;solu le &#171; probl&#232;me de la vieillesse &#187; en transformant les &#171; vieux &#187; en salari&#233;s. La pension comme salaire continu&#233; est la premi&#232;re d&#233;naturalisation d'ampleur d'une caract&#233;ristique biographique, et son abstraction porte en germe un fort enrichissement de la citoyennet&#233;. On comprend que &#171; le retour des vieux &#187; (on dira seniors bien s&#251;r) est l'horizon obsessionnel des r&#233;formateurs, qu'ils n'ont de cesse de nourrir &#224; nouveau la probl&#233;matique g&#233;n&#233;rationnelle. Car le gros du fonds de commerce r&#233;formateur depuis le Livre Blanc Rocard est la peinture apocalyptique des d&#233;ficits gigantesques que le vieillissement d&#233;mographique va g&#233;n&#233;rer dans les r&#233;gimes de retraite en r&#233;partition.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est une construction fantasm&#233;e, y compris si l'on raisonne dans les cadres statistiques rangeant les retrait&#233;s dans les inactifs. D'une part parce qu'un rapport d&#233;mographique n'est pas un rapport &#233;conomique : dire que le rapport des plus de 60 ans sur les 20-59 ans va doubler n'a pas d'int&#233;r&#234;t, d&#232;s lors que le rapport des inoccup&#233;s sur les occup&#233;s (le seul qui ait une signification &#233;conomique) va rester relativement stable au cours des prochaines d&#233;cennies. D'autre part parce que le choc d&#233;mographique repose sur le postulat d'absence de gains de productivit&#233;. Or on peut produire autant avec un actif pour un retrait&#233; qu'avec deux actifs pour un retrait&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le raisonnement selon lequel le recul de la part des actifs occup&#233;s rendra impossible le financement des retraites en r&#233;partition est aussi absurde que si l'on avait pr&#233;dit au d&#233;but du 20&#232;me si&#232;cle la famine pour la France du 21&#232;me parce que la part des paysans allait se r&#233;duire &#224; moins de 3% de la population. Depuis plus de soixante ans, nos r&#233;gimes de pension par socialisation du salaire nous montrent que nous avons assum&#233; sans aucun probl&#232;me une croissance du poids des pensions dans le PIB tr&#232;s sup&#233;rieure &#224; sa croissance future. Au cours des cinquante derni&#232;res ann&#233;es, les pensions sont pass&#233;es de 5% &#224; 12% du PIB, alors qu'au cours des cinquante prochaines, elles devraient passer de 12% &#224; 20% si l'on supprimer les r&#233;formes men&#233;es depuis 1987 : le poids de pensions a &#233;t&#233; multipli&#233; par 2,4 de 1950 &#224; 2000, il devrait l'&#234;tre par 1,7 seulement d'ici 2050. A moins de fonder les calculs sur une perspective de stagnation du PIB ce qu'aucun des r&#233;formateurs ne fait, cette d&#233;c&#233;l&#233;ration (alors que le discours du choc d&#233;mographique suppose une acc&#233;l&#233;ration fantasm&#233;e) signifie &#233;videmment une plus grande facilit&#233; demain &#224; absorber la hausse du poids des pensions, alors m&#234;me qu'elle l'a &#233;t&#233; sans difficult&#233; jusqu'ici. Cette facilit&#233; s'explique simplement : le PIB doublant de volume tous les quarante &#224; cinquante ans, la progression plus rapide d'un de ses &#233;l&#233;ments s'accompagne de la progression, et non pas de la r&#233;gression, de la richesse disponible pour les autres composantes. Dans un PIB qui augmente, il n'y a pas besoin de d&#233;shabiller les actifs pour habiller les retrait&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;7. La lutte contre l'&#233;pargne retraite doit se poursuivre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La d&#233;monstration de la nocivit&#233; de l'accumulation financi&#232;re, qui n'a entra&#238;n&#233; aucune croissance de l'investissement mais contribu&#233; fortement &#224; la bulle sp&#233;culative, n'emp&#234;che pas les r&#233;formateurs de continuer &#224; pr&#233;coniser l'&#233;pargne retraite avec deux arguments. Le premier est &#171; l'&#233;quit&#233; interg&#233;n&#233;rationnelle &#187; : les droits &#224; pensions que se constitue la g&#233;n&#233;ration aujourd'hui au travail seront une charge excessive pour la g&#233;n&#233;ration future. Il faut donc que chaque g&#233;n&#233;ration, au moins partiellement, finance ses propres pensions par de l'&#233;pargne qui sera liquid&#233;e lors de son entr&#233;e en retraite. D'autant plus que &#8211; second argument &#8211; le travail va manquer relativement aux besoins &#224; satisfaire (on reconna&#238;t l&#224; la rh&#233;torique du &#171; probl&#232;me d&#233;mographique &#187;), et nous serons heureux lorsque viendra la disette d'avoir &#233;pargn&#233; des fonds que nous pourrons alors liquider pour compenser le d&#233;ficit en travail. Ces deux arguments sont faux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La monnaie d&#233;pos&#233;e pour l'&#233;pargne sert &#224; acheter des titres financiers qui n'ont en eux-m&#234;mes aucune valeur. Mais - et c'est l'origine de la croyance dans leur capacit&#233; &#224; congeler de la valeur - ils sont des titres de propri&#233;t&#233; dot&#233;s de droits &#224; valoir sur la monnaie en circulation le jour o&#249; ils seront liquid&#233;s. Si la monnaie ne pr&#233;existe pas &#224; cette transformation des titres en monnaie, les titres ne valent rien. Or c'est le travail courant qui rend possible cette cr&#233;ation de monnaie pr&#233;alable &#224; la liquidation des titres. Autrement dit, &#224; supposer que les retraites soient assur&#233;es par l'&#233;pargne des fonds de pensions, la vente de titres n&#233;cessaire &#224; la transformation de l'&#233;pargne en pensions en 2040 sera fonction de la monnaie dont disposeront alors les actifs d&#233;sireux de les acheter pour se constituer eux-m&#234;mes des droits. Cette monnaie sera l'&#233;quivalent de ce qu'ils auront produit par leur travail de l'ann&#233;e 2040. Dans ce cas, l'&#233;pargne ne sert &#224; rien puisque les actifs auraient pu affecter &#224; un r&#233;gime en r&#233;partition cette monnaie utilis&#233;e pour acheter des titres. Qu'on soit en r&#233;partition ou en capitalisation, c'est toujours le travail de l'ann&#233;e qui produit la richesse correspondant &#224; la monnaie qui finance les pensions de l'ann&#233;e. L'&#233;pargne ne peut donc en aucun cas &#234;tre un substitut du travail, ni permettre &#224; chaque g&#233;n&#233;ration de financer ses pensions.
Sa promotion repose en r&#233;alit&#233; sur deux choses. D'une part, la propri&#233;t&#233; de titres permet de ponctionner de la monnaie sur le travail du monde entier, alors que la r&#233;partition est r&#233;duite &#224; l'espace national des r&#232;gles politiques du droit du travail : magie du raisonnement imp&#233;rial. D'autre part, comme le rendement des titres est, hors les situations de crise financi&#232;re aig&#252;e, sup&#233;rieur au taux de croissance, la rente progresse plus vite que les salaires et donc que les cotisations pour la retraite, qui progressent moins vite que le taux de croissance : faire valoir en faveur de la capitalisation qu'il est plus rentable d'&#233;pargner que de cotiser, c'est avouer tr&#232;s ing&#233;nument que toute &#233;pargne retraite est un vol sur le travail d'autrui, et qu'il est infiniment plus rentable d'avoir un portefeuille de titres que de travailler.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Promouvoir la propri&#233;t&#233; d'usage suppose de s'attaquer &#224; la propri&#233;t&#233; lucrative, dont la pension comme salaire continu&#233; montre l'inutilit&#233;. La propri&#233;t&#233; lucrative est d&#233;fendue par les r&#233;formateurs au nom de l'investissement, qui suppose, disent-ils, des investisseurs. Or qu'est-ce qu'un investisseur ? Le discours courant, soigneusement entretenu par le discours savant, dit qu'il apporte un indispensable capital. Rien n'est plus faux. Un investisseur n'apporte rien. Un investisseur qui &#171; apporte &#187; par exemple un million d'euros pour une entreprise n'a pas un million d'euros en billets dans une valise, pas plus que les titres dont il est porteur ne sont dot&#233;s, par une curieuse m&#233;taphysique, d'une quelconque valeur : ce sont des titres de propri&#233;t&#233; lucrative qui vont lui donner le droit de ponctionner un million sur la valeur attribu&#233;e au travail d'aujourd'hui. Un investisseur est un parasite qui a le droit de ponctionner une partie de la valeur de la production contemporaine pour transformer les producteurs ainsi expropri&#233;s en forces de travail et les contraindre &#224; produire les marchandises qu'il a d&#233;cid&#233; de produire, bref &#224; travailler sous le joug de la valeur travail. Un investisseur nous vole et nous ali&#232;ne dans la m&#234;me op&#233;ration.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans l'exp&#233;rience r&#233;ussie de la cotisation vieillesse, on a la d&#233;monstration &#224; grande &#233;chelle de l'int&#233;r&#234;t qu'il y a &#224; se passer d'investisseurs financiers. Cette cotisation est la fa&#231;on d'assurer sans &#233;pargne des engagements massifs et de long terme, comparables &#224; l'investissement. Sur le mod&#232;le de la cotisation sociale, on peut parfaitement financer sans &#233;pargne l'investissement. S'il est possible de financer la pension au plus grand b&#233;n&#233;fice des r&#233;gimes et des pensionn&#233;s sans aucune logique d'&#233;pargne et de pr&#234;ts, il est possible de financer l'investissement de la m&#234;me fa&#231;on en affectant une cotisation &#233;conomique au salaire (de l'ordre de 35 % du salaire brut), pr&#233;lev&#233;e sur la valeur ajout&#233;e comme les cotisations sociales ou le salaire direct. Cette cotisation serait collect&#233;e par des caisses d'investissement qui financeraient sans taux d'int&#233;r&#234;t, puisqu'il n'y aurait pas d'accumulation priv&#233;e du capital. Accumulation financi&#232;re, cr&#233;dit bancaire, pr&#234;t &#224; int&#233;r&#234;t, bourse, toutes ces institutions peuvent &#234;tre remplac&#233;es en transposant pour le financement de l'investissement l'exp&#233;rience de la cotisation sociale, ce qui est &#233;vident puisque tout investissement est financ&#233; sur la production courante. La cotisation sociale a d&#233;barrass&#233; notre quotidien individuel des usuriers, la cotisation &#233;conomique d&#233;barrassera notre quotidien collectif de la bourse et des banquiers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;8. Le &#171; revenu diff&#233;r&#233; &#187; et la &#171; solidarit&#233; nationale &#187; confortent les institutions du capital&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La r&#233;forme tente d'interrompre la mont&#233;e en puissance de cette institution salariale en modifiant le sens des r&#233;gimes de retraite en r&#233;partition : d'une pension en r&#233;partition assurant la continuation du salaire &#224; une pension en r&#233;partition assurant un revenu diff&#233;r&#233; doubl&#233; d'une solidarit&#233; nationale. Car ce bin&#244;me, lui, conforte les institutions du capital.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a en effet deux formes contradictoires de r&#233;gimes de retraite en r&#233;partition, le r&#233;gime salarial et le r&#233;gime de pr&#233;voyance. La pension comme continuation du salaire (r&#233;gime salarial) repose soit sur le maintien de la qualification personnelle du fonctionnaire, soit sur l'attribution au retrait&#233; du priv&#233; de la qualification moyenne de ses meilleurs emplois : elle pose les personnes comme des salari&#233;s dot&#233;s d'une capacit&#233; &#224; produire. Au contraire, la pension comme revenu diff&#233;r&#233; (r&#233;gime de pr&#233;voyance) repose sur des droits proportionnels aux cotisations de la carri&#232;re avec un pouvoir d'achat garanti : elle pose les personnes comme des employables dot&#233;s d'une capacit&#233; de gain.
Le c&#339;ur de la r&#233;forme des retraites vise &#224; passer de la premi&#232;re &#224; la seconde forme de r&#233;partition. Elle dispose pour cela de trois leviers : le gel des taux de cotisations, l'indexation sur les prix et la mont&#233;e de la contributivit&#233; entendue dans le sens de &#171; la neutralit&#233; actuarielle individuelle &#187; (pour chacun, le total des cotisations de la carri&#232;re doit &#234;tre &#233;gal au total des pensions). Une cotisation dont le taux est stabilis&#233; sur le long terme fonde en r&#233;partition, selon un calcul strictement contributif, une pension dont le pouvoir d'achat est garanti par son indexation sur les prix : voil&#224; les trois caract&#233;ristiques d'un revenu diff&#233;r&#233;. Ses promoteurs savent bien que, fond&#233; sur un calcul individuel sans r&#232;gles de compensations (comme des validations de trimestres sans cotisations) et tenant compte des p&#233;riodes de tr&#232;s faible salaire dans les carri&#232;res professionnelles, il laisse sans ressources suffisantes tous ceux et surtout toutes celles qui n'ont pu se constituer un compte de cotisations suffisant. C'est pourquoi la promotion de la neutralit&#233; actuarielle est toujours doubl&#233;e d'un plaidoyer pour une large solidarit&#233; nationale finan&#231;ant, &#224; c&#244;t&#233; du revenu diff&#233;r&#233;, un &#171; minimum contributif &#187; garanti et des &#171; prestations non contributives &#187; (minimum vieillesse, bonifications pour enfants). Le discours r&#233;formateur se pr&#233;sente ainsi avec la double vertu de la justice de prestations strictement contributives et de la solidarit&#233; avec les &#171; pauvres &#187;. Il y a l&#224; une r&#233;gression consid&#233;rable par rapport au salaire continu&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;gression en mati&#232;re de justice&lt;/i&gt;, d'abord. Faire de la pension la contrepartie du pass&#233; de mes cotisations, et donc de mon travail subordonn&#233;, et non de l'actualit&#233; de ma qualification (et donc de mon travail &#233;mancip&#233;) suppose et conforte le march&#233; du travail, l'emploi, la marchandise, la subordination et la propri&#233;t&#233; lucrative. Ni&#233; dans sa qualification de producteur, l'employable pr&#233;voyant est maintenu &#224; l'&#233;tat de mineur &#233;conomique, en permanence &#224; la merci de l'employeur qui le pose comme titulaire d'un gagne pain dont il tire un revenu. La pr&#233;voyance est ce qui reste lorsqu'on a d&#233;shabill&#233; le salari&#233; de l'essentiel, sa qualification. La multiplication des comptes notionnels s'impose alors pour assurer une s&#233;curit&#233; et une capacit&#233; de rebondir &#224; un travailleur plac&#233;, y compris &#224; l'int&#233;rieur de son entreprise, sur un march&#233; du travail qui le soumet en permanence au soup&#231;on de distance &#224; l'emploi qu'il occupe ou auquel il postule.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le r&#233;gime salarial est au contraire porteur de l'attribution d'une qualification &#224; chaque personne, sans exception sous quelque pr&#233;texte que ce soit, avec poursuite ind&#233;finie du salaire. La contribution de chacun &#224; ses ressources repose non pas sur sa capacit&#233; &#224; &#233;pargner une partie des gains acquis comme force de travail (la &#171; contributivit&#233; &#187; des r&#233;formateurs), mais sur sa capacit&#233; &#224; participer &#224; la d&#233;finition des objets d'un travail lib&#233;r&#233; de la marchandise et de la valeur travail. Son rapport &#224; l'avenir repose alors sur l'entretien de sa qualification et non pas sur un patrimoine susceptible de fournir un revenu alternatif &#224; la r&#233;mun&#233;ration des emplois : en effet, la distinction entre emploi et hors emploi, constitutive du bin&#244;me r&#233;mun&#233;ration/pr&#233;voyance, est d&#233;pass&#233;e dans le continuum de la qualification. Il s'agit l&#224; de nouveaux continents du d&#233;ploiement de la personnalit&#233; humaine &#224; d&#233;couvrir. A l'inverse, le r&#233;gime de la pr&#233;voyance nous enferme dans le pass&#233; capitaliste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;gression en mati&#232;re de solidarit&#233;,&lt;/i&gt; ensuite. L'invitation &#224; la solidarit&#233; avec des personnes victimis&#233;es est sans doute une des dimensions les plus perverses de la r&#233;forme. En posant des personnes comme &#171; pauvres &#187;, &#171; victimes &#187; ayant droit &#224; solidarit&#233;, elle naturalise la disqualification des producteurs inh&#233;rente au capitalisme. Le capitalisme fait de l'actionnaire et du &#171; dirigeant de grand talent &#187; qu'il a mis &#224; la t&#234;te de l'entreprise les seuls acteurs, les seuls sujets de la production. Les salari&#233;s sont alors des mineurs sociaux r&#233;duits au statut de victimes s'ils ne parviennent pas &#224; conserver leur employabilit&#233; : victimes des in&#233;vitables suppressions d'emplois et non moins in&#233;vitables d&#233;localisations, victimes d'une formation insuffisante, victimes de la crise. Tant de victimes ont droit &#224; la solidarit&#233; nationale, responsabilit&#233; des pouvoirs publics. Le couple actionnaire/victime est ainsi en permanence r&#233;activ&#233;, naturalis&#233;, parce qu'il est indispensable au maintien des institutions du capital. Il n'y a pas de possibilit&#233; d'un droit de propri&#233;t&#233; lucrative ou de tyrannie de la valeur travail sans un d&#233;ni - qui d&#233;finit pr&#233;cis&#233;ment la victime- du droit de la qualification au c&#339;ur du salaire. Alors qu'au contraire la solidarit&#233; salariale repose sur la promotion de la qualification pour tous, fondatrice d'une solidarit&#233; entre &#233;gaux : non pas celle des pr&#233;voyants vers ceux qu'ils vont qualifier de pauvres, mais celle de la d&#233;lib&#233;ration politique dans l'attribution de la qualification &#224; chacun et dans le souci de son exercice effectif.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;9. Le d&#233;veloppement progressiste des retraites est un enjeu politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En termes revendicatifs, le d&#233;veloppement progressiste des pensions comme salaire continu&#233; suppose un argumentaire avec un volet n&#233;gatif et un volet positif.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le volet n&#233;gatif devrait &#234;tre de refuser tout ce qui fait obstacle &#224; la poursuite du salaire et appuie le bin&#244;me revenu diff&#233;r&#233;/solidarit&#233; nationale : &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.carre-rouge.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; la stabilit&#233;, voire le recul pour les bas salaires, du taux de cotisation ; &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.carre-rouge.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; l'indexation sur les prix des salaires pris en compte pour le calcul de la pension et des pensions liquid&#233;es ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.carre-rouge.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; l'inscription des cotisations dans des comptes individuels comme &#224; l'ARRCO et &#224; l'AGIRC, le d&#233;placement de l'objectif gestionnaire du taux de remplacement du meilleur salaire vers le taux de rendement des cotisations ; &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.carre-rouge.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; la distinction entre la part contributive et la part non contributive de la pension, la CSG et le Fonds de solidarit&#233; vieillesse, le minimum contributif, la mise en cause des bonifications pour enfants et de la r&#233;version ; &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.carre-rouge.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; la neutralit&#233; actuarielle individuelle comme id&#233;al de justice avec la r&#233;f&#233;rence de la pension &#224; l'ensemble de la vie active et non au seul meilleur salaire ; &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.carre-rouge.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; l'abandon de l'&#226;ge l&#233;gal (sauf comme &#226;ge plancher qu'il faudrait &#233;lever au-del&#224; de 60 ans) et l'allongement de la dur&#233;e de cotisation, les d&#233;cotes et surcotes ; &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.carre-rouge.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; la distinction entre pension publique et pension professionnelle, l'&#233;pargne salariale.
Le volet positif devrait avoir trois axes :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.carre-rouge.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; promouvoir l'affirmation de la pension comme salaire continu&#233; dans les r&#233;gimes actuels : pas de pensions inf&#233;rieures au Smic, indexation sur les salaires, augmentation annuelle du taux de cotisation patronale (et salariale si le salaire brut est augment&#233; &#224; proportion), calcul de la pension nette sur la base de 100% du meilleur salaire net pour une carri&#232;re compl&#232;te de 150 trimestres valid&#233;s, liquidation sans d&#233;cote de la retraite &#224; 60 ans ou le jour de la cessation d'activit&#233; s'il est post&#233;rieur (ou ant&#233;rieur &#224; 60 ans pour les travaux p&#233;nibles), &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.carre-rouge.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; pousser &#224; une politique de soutien de la qualification personnelle des retrait&#233;s dans la sph&#232;re publique et pas seulement priv&#233;e, collectivement et pas seulement individuellement : soutenir leurs r&#233;seaux de pairs, les aider &#224; d&#233;finir des objets de travail, &#224; constituer ou rejoindre des collectifs de travail, financer des projets. Il s'agit d'encourager les retrait&#233;s &#224; faire entreprise et &#224; inventer ainsi les chemins nouveaux d'une production lib&#233;r&#233;e de la valeur travail. Une telle responsabilit&#233; est certes tr&#232;s heureuse, mais a besoin d'un dispositif politique pour pouvoir s'exercer, dont les droits li&#233;s &#224; un &#226;ge politique sont un &#233;l&#233;ment d&#233;cisif : 60 ans, l'&#226;ge d'entr&#233;e en retraite, doit devenir un &#226;ge politique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;10. Une revendication unitaire : la qualification personnelle pour tous&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est le troisi&#232;me axe du volet positif. La libert&#233; et le bonheur des retrait&#233;s au travail doivent devenir le fait de tous ceux qui sont au travail, et c'est d'ailleurs la condition de leur maintien chez les retrait&#233;s eux-m&#234;mes. A leur exemple, la qualification personnelle doit pour tous remplacer l'emploi comme support des droits sociaux et &#233;conomiques. On mesure combien cette proposition et la pr&#233;c&#233;dente r&#233;&#233;valuent le r&#244;le des retrait&#233;s, ce qui suppose de s'appuyer fermement sur leur statut de salari&#233; pour en finir avec leur traitement comme &#171; seniors &#187; pr&#233;conis&#233;, lui, par les r&#233;formateurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La qualification personnelle, nouveau support des droits aujourd'hui inscrits dans l'emploi, est un droit collectif (tout comme la pension, dont le montant est personnel, est un droit collectif). Elle est d&#233;j&#224; anticip&#233;e chez les retrait&#233;s et dans la fonction publique. Elle sera attribu&#233;e &#224; toute personne, par exemple d&#232;s la fin du lyc&#233;e, et elle progressera sans ruptures ni reculs jusqu'&#224; sa mort. Elle a quatre composantes indissociables :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.carre-rouge.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; l'attestation (non scolaire car l'&#233;cole certifie mais ne qualifie pas) de la ma&#238;trise d'un ensemble de capacit&#233;s transversales &#224; plusieurs m&#233;tiers appartenant aux champs correspondant par exemple aux six ou sept conventions collectives interprofessionnelles en d&#233;bat aujourd'hui (communication, &#233;ducation et culture, &#233;nergie, transports,&#8230;) pour d&#233;passer l'&#233;miettement conventionnel ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.carre-rouge.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; un niveau de salaire correspondant au niveau des capacit&#233;s reconnues ; par exemple, dans une hi&#233;rarchie des qualifications de 1 &#224; 4 correspondant &#224; une &#233;chelle des salaires de 1 &#224; 5, un premier niveau de qualification avec un salaire d&#233;marrant &#224; 2000 euros net par mois, un second niveau avec un salaire d&#233;marrant &#224; 4000 euros, un troisi&#232;me niveau au salaire de d&#233;part de 6000 euros, et un quatri&#232;me niveau au salaire de d&#233;part de 8000 euros, pour une hi&#233;rarchie salariale allant de 2000 &#224; 10000 euros net.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.carre-rouge.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; un r&#233;seau de pairs pour rester en permanence socialis&#233; dans le champ de la qualification dont on est titulaire ; par exemple une association professionnelle, un r&#233;seau d'acteurs locaux, un r&#233;seau international de sp&#233;cialistes, qui sont le support d'&#233;changes, de services, d'&#233;diction de r&#232;gles d'exercice et de leur contr&#244;le, de mutualisation d'outils, de formation, de valorisation d'activit&#233;s individuelles des membres.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.carre-rouge.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; le droit &#224; une institution repr&#233;sentative pour faire valoir ses droits au respect et &#224; la progression de sa qualification. La qualification (et donc le salaire qui va avec) est un attribut de la personne, elle ne peut pas lui &#234;tre retir&#233;e et elle ne peut que progresser au cours de la vie. La qualification personnelle est le contraire de la s&#233;curisation des parcours professionnels, qui laisse la portion congrue aux droits transf&#233;r&#233;s de l'emploi vers la personne puisqu'il ne s'agit que des droits li&#233;s &#224; une certaine s&#233;curisation de la mobilit&#233; de travailleurs devant en permanence prouver leur &#171; employabilit&#233; &#187; (les comptes &#233;pargne en mati&#232;re de formation, de pensions, de couverture sant&#233;, le droit au reclassement). Elle est &#233;galement le contraire du revenu universel. Le revenu universel (au sens de distribution universelle d'un forfait de plus ou moins haut niveau selon les projets, disons entre le RMI et le SMIC) pose les personnes comme porteuses de besoins qui pourraient &#234;tre, pour un premier &#233;tage, financ&#233;s par le revenu d'un patrimoine collectif dont l'Etat est le gardien et sur lequel chacun a un droit de tirage. A cet aval donn&#233; &#224; une institution du capital aussi fondamentale que la propri&#233;t&#233; lucrative, le revenu universel ajoute le fait que, &#171; premier ch&#232;que &#187;, forfaitaire, constitutif des ressources individuelles, il appelle un &#171; second ch&#232;que &#187;, fonction de la contribution de l'individu &#224; la production et donc confortera le march&#233; du travail et la valeur travail. Le revenu universel est ainsi l'antagoniste du salaire universel, qui lui nous d&#233;livre du march&#233; du travail, de la disqualification des producteurs pos&#233;s comme &#234;tres de besoins, de la fiction du revenu, de la valeur travail et de la propri&#233;t&#233; lucrative.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On mesure combien la qualification personnelle est cr&#233;atrice d'&#233;galit&#233;. Elle supprime le march&#233; du travail et donc la subordination de demandeurs d'emploi &#224; des employeurs, elle fait acc&#233;der toute personne au statut commun de titulaire d'une qualification et du salaire qui lui est li&#233;. Elle unifie par le haut les revendications des retrait&#233;s, des &#233;tudiants, des fonctionnaires, des ch&#244;meurs, des intermittents du spectacle, des salari&#233;s du priv&#233;, dont ceux des TPE et de tous les d&#233;serts syndicaux, des travailleurs ind&#233;pendants. En particulier, elle permet de mener une action de promotion de la fonction publique en revendiquant l'extension &#224; tous les salari&#233;s de la distinction entre grade et poste, ce qui veut dire, pour tous, la reconnaissance de la qualification, l'absence de ch&#244;mage, la ma&#238;trise individuelle de la mobilit&#233;. Tant il est vrai que c'est la production de tous les biens et de tous les services qui m&#233;rite d'&#234;tre assur&#233;e par des salari&#233;s lib&#233;r&#233;s de l'emploi et de la marchandise !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;11. La n&#233;cessit&#233; d'une vision forte du salaire comme institution proprement politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est temps de sortir du discours convenu du salaire identifi&#233; &#224; la r&#233;mun&#233;ration du travail subordonn&#233;. Combattre l'argumentaire r&#233;formateur est impossible sans une &lt;i&gt;forte vision du salaire comme institution politique&lt;/i&gt; qui enrichit la citoyennet&#233; par l'attribution &#224; chaque personne d'une qualification personnelle et par le financement salarial de l'&#233;conomie. Nous nous inscrivons ainsi dans une tout autre perspective que le plein emploi. Notre qualification et donc notre salaire ne doivent plus d&#233;pendre des d&#233;cisions d'employeurs sur un march&#233; du travail. La nostalgie du bon emploi n'est pas bonne conseill&#232;re pour nous aider &#224; affronter la transformation des emplois en jobs qu'op&#232;re la r&#233;forme. Vaincre la r&#233;forme ne se fera pas dans le retour &#224; un vrai plein emploi. Car nous avons mieux &#224; faire qu'&#224; renouer avec la phase progressiste de l'emploi, quand, au tournant des ann&#233;es 1970, il a &#233;t&#233; la matrice du salaire socialis&#233;, car c'&#233;tait au prix exorbitant de la subordination &#224; des employeurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il ne s'agit pas non plus de &#171; s&#233;curiser &#187; la condition des travailleurs. Le vocabulaire de la s&#233;curit&#233; a int&#233;rioris&#233; le fait que dans le capitalisme les travailleurs sont des mineurs sociaux : ils sont r&#233;cus&#233;s comme &#233;tant les producteurs, et ils ont droit non pas &#224; la direction de l'&#233;conomie mais &#224; la s&#233;curit&#233; du revenu et de l'emploi. L'enjeu des retraites, c'est pr&#233;cis&#233;ment de sortir de la revendication de s&#233;curit&#233; du revenu et de l'emploi pour promouvoir une nouvelle figure du travailleur en mesure de soutenir notre aspiration commune &#224; diriger l'&#233;conomie et de sortir enfin de l'&#233;conomisme de la valeur-travail.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La qualification est ainsi un attribut politique qui enrichit la citoyennet&#233;, au m&#234;me titre que le droit de vote. Tout comme le suffrage universel a ouvert &#224; chacun l'&#226;ge de la majorit&#233; politique et fond&#233; un premier stade de la citoyennet&#233;, la qualification universelle ouvrira &#224; chacun l'&#226;ge de la majorit&#233; salariale et fondera une extension qualitative de la citoyennet&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'attaque contre la Gr&#232;ce : une r&#233;p&#233;tition g&#233;n&#233;rale</title>
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		<dc:creator>Jean Louis Marchetti</dc:creator>



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		<title>La Gr&#232;ce est un terrain d'essai. </title>
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		<dc:creator>Fran&#231;ois Chesnais</dc:creator>



		<description>La Gr&#232;ce est un terrain d'essai. Ce qui s'y passe concerne les salari&#233;s et la jeunesse de toute l'Europe Ce qui se joue actuellement en Gr&#232;ce concerne les salari&#233;s et la jeunesse dans toute l'Europe, &#224; commencer par la France, o&#249; ils sont confront&#233;s &#224; un gouvernement particuli&#232;rement vicieux avec lequel les syndicats maintiennent pourtant un dialogue fait de concessions continuelles. La Gr&#232;ce est un terrain d'essai pour la mise en &#339;uvre de mesures (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;La Gr&#232;ce est un terrain d'essai. Ce qui s'y passe concerne les salari&#233;s et la jeunesse de toute l'Europe&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce qui se joue actuellement en Gr&#232;ce concerne les salari&#233;s et la jeunesse dans toute l'Europe, &#224; commencer par la France, o&#249; ils sont confront&#233;s &#224; un gouvernement particuli&#232;rement vicieux avec lequel les syndicats maintiennent pourtant un dialogue fait de concessions continuelles. La Gr&#232;ce est un terrain d'essai pour la mise en &#339;uvre de mesures drastiques d'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire partout dans l'Union europ&#233;enne. Les agents de la fonction publique en particulier sont dans la ligne de mire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour les classes dominantes, il ne suffit pas que les salari&#233;s aient &#233;t&#233; les principaux, voire les seuls v&#233;ritables victimes de la crise, et qu'ils aient connu depuis la fin de 2008 une d&#233;gradation tr&#232;s s&#233;rieuse de leur condition de vie en termes de ch&#244;mage et de pr&#233;carit&#233; d'emploi encore accrue. Il faut maintenant qu'ils subissent le poids principal des co&#251;ts aff&#233;rents &#224; la dette publique contract&#233;e lors du sauvetage des banques et des grandes entreprises. Entre les investisseurs financiers et les gouvernements, il n'y a aucun d&#233;saccord. Entre eux, il y a un partage des r&#244;les, une profonde connivence. Dans tous les pays de la zone euro et de l'UE, le financement &#224; l'automne 2008 du sauvetage des banques par les gouvernements, puis des mesures de soutien aux grandes entreprises, notamment dans l'automobile, s'est fait principalement par l'emprunt, moyennant l'&#233;mission de bons du Tr&#233;sor sur les march&#233;s des titres de la dette publique (les march&#233;s obligataires). Sous l'effet conjugu&#233; de ces &#233;missions, de la baisse des rentr&#233;es fiscales qui a suivi m&#233;caniquement le recul de la production et des ventes et des nombreux cadeaux fiscaux aux entreprises, la dette publique a bondi selon les pays de la zone euro de 20 &#224; 40 points de pourcentage du produit int&#233;rieur brut (le PIB). Pour la zone euro comme un tout le pourcentage moyen d'augmentation entre 2007 et 2010 est de 26,7%. A cet &#233;gard la France se situe dans la moyenne, mais aussi la Gr&#232;ce. L&#224; o&#249; les &#233;carts deviennent importants, ce n'est pas tant pour les taux de croissance de la dette pendant ces trois ans, mais dans son montant calcul&#233; toujours en pourcentage du PIB. Le tableau reproduit plus bas montre que ces &#233;carts vont de 45% &#224; 116%. Le taux &#233;lev&#233; de la Gr&#232;ce est une des raisons qui l'a d&#233;sign&#233;e comme premi&#232;re cible des investisseurs financiers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais revenons d'abord aux banques. Non seulement ont-elles &#233;t&#233; sauv&#233;es de la faillite par les gouvernements, mais la mani&#232;re dont ce sauvetage s'est fait leur a permis de se &#171; refaire une sant&#233; &#187; en quelques mois. Les bonus faramineux en sont l'une des expressions. Les banques ne sont pas ces institutions famili&#232;res suppos&#233;ment d&#233;positaires de fonctions &#233;conomiques et sociales &#171; socialement responsables &#187;, sinon quasi philanthropiques, comme le cr&#233;dit aux PME. Ce sont des soci&#233;t&#233;s financi&#232;res diversifi&#233;es tr&#232;s puissantes qui assurent &#224; leur haut personnel de direction et &#224; leurs actionnaires des flux &#233;lev&#233;s de revenus pomp&#233;s sur la valeur et la plus value qui ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es par le travail. Leurs activit&#233;s diversifi&#233;es leur permettent de jouer sur plusieurs terrains. Elles ont pu acheter les bons du Tr&#233;sor &#233;mis par les gouvernements avec l'argent qui venait de leur &#234;tre allou&#233; pour les &#171; sauver de la faillite &#187;. Elles ont aussi transf&#233;r&#233; vers leurs filiales sp&#233;culatives (les Hedge Funds) une partie des liquidit&#233;s &#224; taux d'int&#233;r&#234;t tr&#232;s bas dont les banques centrales du G7, Etats-Unis en t&#234;te, les ont fait b&#233;n&#233;ficier.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt; Les agences de notation sonnent la charge&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce au soutien des gouvernements, le pouvoir de la finance, loin d'avoir &#233;t&#233; affaibli par la crise, en sort donc renforc&#233;. La finance peut donc donner de nouveau de la voix. Cach&#233;e derri&#232;re le vocable abstrait &#171; les march&#233;s &#187;, terme qui &#233;voque une puissance mythique capable de d&#233;clencher la catastrophe si on la met en col&#232;re, se logent des institutions bien pr&#233;cises, c'est-&#224;-dire pr&#233;cis&#233;ment les grandes banques et les fonds de placement financier. Ces institutions ont d&#233;cid&#233; qu'elles &#233;taient de nouveau suffisamment muscl&#233;es pour sp&#233;culer contre les gouvernements et contre l'euro. Que le moment &#233;tait &#233;galement venu de rappeler aux gouvernements qu'il &#233;tait temps de commencer &#224; imposer aux salari&#233;s les mesures d'aust&#233;rit&#233; garantissant le service des int&#233;r&#234;ts de l'ensemble de la dette et en partie le remboursement du principal. La finance a ses strat&#232;ges et ceux-ci ont jug&#233; qu'il fallait commencer en attaquant les pays les plus faibles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La finance se sent de nouveau si forte qu'elle ne craint pas la provocation. Ainsi c'est &#224; l'oligopole &#233;troit des trois soci&#233;t&#233;s financi&#232;res dites &#171; agences de notation &#187; (Standard &amp; Poor, Moodies et Fitch) qu'a &#233;t&#233; confi&#233; le r&#244;le de sonner la charge en abaissant la note des bons du Tr&#233;sor de la Gr&#232;ce &#224; BBB, d&#233;clenchant ainsi la sp&#233;culation contre les effets de la dette grecque et cr&#233;ant les conditions politiques du plan d'aust&#233;rit&#233;. Ce sont ces m&#234;mes agences de notation qui ont pourtant &#233;t&#233; jug&#233;es responsables en partie de la crise financi&#232;re en juillet-ao&#251;t 2007, pour avoir continu&#233; en d&#233;pit de nombreux signaux d'alerte, de donner des notes tr&#232;s &#233;lev&#233;es aux effets priv&#233;s contenant des cr&#233;ances hypoth&#233;caires irr&#233;cup&#233;rables dites subprime. La &#171; refondation du capitalisme &#187; dont Sarkozy s'est fait le chantre, devait notamment inclure leur mise sous tutelle publique. La mesure faisait soi-disant partie des grands travaux du G20. On voit ce qu'il en est. Le fait a &#233;t&#233; relev&#233; par quelques journalistes, mais sans qu'ils en soulignent toute la port&#233;e en disant &#224; quel point les investisseurs financiers se croient de nouveau en mesure de dicter la politique du capital et d'imposer aux gouvernements leur propre vue des mesures &#224; prendre et des rythmes &#224; suivre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La sp&#233;culation contre les gouvernements sur les march&#233;s obligataires et contre les monnaies sur le march&#233; des changes est l'une des occupations favorites des investisseurs institutionnels. On peut sp&#233;culer &#224; la baisse tout autant qu'&#224; la hausse. Pour sp&#233;culer &#224; la baisse, il suffit de prendre des positions &#224; terme en ce sens sur les march&#233;s d&#233;riv&#233;s et puis de provoquer le mouvement de baisse (mission accomplie en l'occurrence par l'oligopole ferm&#233; des agences de notation). C'est un jeu facile surtout quand l'op&#233;ration est sans risque, se fait contre un gouvernement faible come celui de la Gr&#232;ce mais qui sera in fine n&#233;cessairement secouru, ou contre une monnaie, ici l'euro qui est en tout &#233;tat de cause sur&#233;valu&#233;e et dont une baisse l&#233;g&#232;re est bienvenue de la part de certains secteurs des bourgeoises qui lui sont li&#233;es. Lorsque de surcro&#238;t la sp&#233;culation contre un gouvernement donn&#233; oblige celui-ci &#224; consentir de payer des int&#233;r&#234;ts plus &#233;lev&#233;s sur les &#233;missions de titres qu'il est oblig&#233; de continuer &#224; faire, alors c'est vraiment &#171; tout b&#233;n&#233;f &#187; ! Ainsi la Gr&#232;ce est-elle oblig&#233;e de payer plus que les autres membres de l'euro, 3,5% sup&#233;rieurs &#224; ceux de l'Allemagne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'Office europ&#233;en des statistiques a publi&#233; le tableau suivant. Il est reproduit par Jacques Sapir dans un article r&#233;cent (1).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans ce tableau, la colonne la plus importante est la quatri&#232;me, celle qui donne pour 2010 le niveau de la dette calcul&#233; en pourcentage du PIB pour chaque pays de la zone euro. On notera bien s&#251;r, le chiffre record de l'Irlande dans la cinqui&#232;me colonne, dont la dette s'accro&#238;t de 218% par rapport &#224; 2007. Mais l'essentiel est la quatri&#232;me colonne. On voit que le niveau d'endettement de l'Italie est &#233;gal et m&#234;me un tout petit peu sup&#233;rieur &#224; celui de la Gr&#232;ce. C'est pourtant sur la Gr&#232;ce que l'attaque sp&#233;culative s'est port&#233;e. Pourquoi ? Plusieurs raisons se conjuguent tr&#232;s certainement. D'abord, l'Italie est une &#233;conomie plus grande et pour l'instant encore plus forte. Plus important encore, sa dette est d&#233;tenue majoritairement par des investisseurs financiers italiens alors que ce sont les investisseurs &#233;trangers qui d&#233;tiennent les titres de la dette grecque. Ensuite, &#224; un degr&#233; plus &#233;lev&#233; que dans des pays dont le syst&#232;me fiscal fait une certaine place &#224; l'imp&#244;t sur le revenu, les ressources fiscales de l'Etat grec d&#233;pendent presque exclusivement de taxes assises sur le niveau d'activit&#233; &#233;conomique. Or celui-ci d&#233;pend de trois facteurs tr&#232;s vuln&#233;rables aux mouvements cycliques et aux crises &#8211; l'affr&#232;tement de la flotte maritime, le commerce avec les pays du Moyen-Orient et le tourisme (2). Enfin, ce qui a jou&#233; dans le cas grec, c'est que le gouvernement Papandr&#233;ou a &#233;t&#233; &#233;lu apr&#232;s la crise gouvernementale provoqu&#233;e par le soul&#232;vement de la jeunesse de l'hiver 2008-2009. Cela d&#233;signe la Gr&#232;ce comme le terrain o&#249; il faut provoquer et si possible, infliger une d&#233;faite aux salari&#233;s et aux &#233;tudiants et lyc&#233;ens.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;L'instrumentalisation politique de la dette publique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il a &#233;t&#233; beaucoup question des tergiversations de l'Euro-groupe et de la BCE et des &#171; messages &#187; pr&#233;tendument &#171; confus &#187; envoy&#233;s aux &#171; march&#233;s &#187; par l'Union europ&#233;enne. C'est la position de Jacques Sapir dans l'article cit&#233;. On peut y voir un partage des r&#244;les entre les investisseurs financiers et les gouvernements et une expression deleur connivence, au moins autant qu'une expression de plus de l'incapacit&#233; de l'Europe &#171; &#224; parler d'une seule voix &#187; pour utiliser la formule consacr&#233;e. Pendant quinze jours les investisseurs financiers ont engrang&#233; beaucoup de profits sp&#233;culatifs et augment&#233; le taux auquel la Gr&#232;ce doit emprunter. Dans le m&#234;me mouvement ils ont forc&#233; le gouvernement Papandr&#233;ou &#224; &#233;laborer un plan drastique de r&#233;duction des d&#233;penses et ils ont obtenu de Bruxelles et Frankfort, avec la b&#233;n&#233;diction d'Angela Merkel et Sarkozy, la mise sous tutelle de la Gr&#232;ce. Ils ont ainsi atteint leur autre objectif. Ils ont envoy&#233; un message d&#233;nu&#233; d'ambig&#252;it&#233; &#224; tous les gouvernements de la zone euro, que l'heure est venue partout pour la mise en &#339;uvre d'une vraie aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le message a &#233;t&#233; entendu par les m&#233;dias. Aujourd'hui 14 f&#233;vrier le Journal du dimanche titre &#171; L'heure des sacrifices est venue &#187;. Demain Sarkozy re&#231;oit les appareils syndicaux. Que pouvait-il souhaiter de mieux que &#171; l'avertissement grec &#187;. Le pr&#233;sident de l'Office fran&#231;ais de la conjoncture, Jean-Paul Fitoussi, qui est un fin connaisseur en la mati&#232;re, a expliqu&#233; la chose ainsi : &#171; La dette publique a toujours &#233;t&#233; instrumentalis&#233;e &#224; des fins politiques. En soulignant le caract&#232;re &#233;lev&#233; de la dette &#8211; personne n'a dit qu'elle &#233;tait insoutenable &#8211; on favorise les r&#233;formes qui consistent &#224; baisser les d&#233;penses publiques. Car pour faire en sorte que la dette diminue, il faut r&#233;duire le d&#233;ficit budg&#233;taire, et comme aujourd'hui il est quasiment impossible &#8211; pour des raisons de concurrence fiscale en Europe &#8211; d'augmenter les imp&#244;ts, cela signifie qu'il faut r&#233;duire les d&#233;penses. C'est cela le message &#187;. .&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1.	Voir Jacques Sapir sur le site de Marianne : &lt;a href='http://www.marianne2.fr/La-crise-grecque,-un-camouflet-pour-l-euro-et-la-BCE_a185102.html' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;http://www.marianne2.fr/La-crise-gr...&lt;/a&gt;
2.	Jacques Sapir, article cit&#233;.
3. Jean-Paul Fitoussi, &lt;a href='http://www.lemonde.fr/' class='spip_out' rel='nofollow'&gt;http://www.lemonde.fr/&lt;/a&gt; (janvier 2006)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La Gr&#232;ce est un terrain d'essai</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Chesnais</dc:creator>



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