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La "lettre de notre bord" (06/02/2012)

mardi 7 février 2012

signée Samuel Holder, commence ainsi :
"Face à l’effondrement de l’économie, les classes dirigeantes du monde entier n’ont pas d’alternative tandis que les classes populaires en ont une. Paradoxe ? Non, les classes dirigeantes sont le dos au mur. Elles le sont en ce sens qu’elles ne peuvent plus à court terme assurer la survie du système capitaliste qu’en procédant à des agressions de plus en plus nombreuses et de plus en plus brutales, pour récupérer le plus de valeur possible sur le dos des salariés à l’échelle mondiale.
En France, les gouvernants annoncent presque chaque jour de nouvelles attaques frontales contre les salariés et la population ayant déjà les revenus les plus faibles : TVA antisociale, destruction des cadres légaux et collectifs du code du travail avec à présent les « accords de compétitivité » par entreprise, imposition de près de 200 000 familles aux revenus très modestes, atteinte au droit de grève dans le secteur aéronautique, etc. La feuille de route est très clair et vaudra pour le successeur de Sarkozy, lequel se reconvertira avec délectation, comme Schröder ou Blair, dans un secteur capitaliste hautement lucratif.

Gouvernants, financiers, industriels ou grands propriétaires fonciers, ces gens sont en fait aux abois pour les plus lucides d’entre eux. Ils voient bien qu’ils sont toujours face à une montagne de capitaux aussi fictifs qu’explosifs. Par ailleurs il leur devient de plus en plus laborieux d’assurer la reproduction du capital et de dégager les masses de profits réels qui seraient nécessaires pour pérenniser le fonctionnement de cette machine infernale qui s’écroulera si elle ne continue pas à foncer et à tout défoncer.
Comment interpréter autrement leurs appels pathétiques à « relancer la croissance », à « réduire le coût du travail », à supprimer les « dépenses » concernant les services publics, les retraites et les indemnités de chômage ? Par leurs incantations tournées vers « la compétitivité » et « la valeur travail », ils ne peuvent pas mieux avouer que sans notre exploitation, la plus intense possible, sans le travail vivant, le capitalisme meurt ipso facto.

Comme la productivité a augmenté ces dernières années de façon extraordinaire dans tous les pays, y compris ceux dits « émergents », la masse des prolétaires nécessaires pour produire les marchandises encore vendables, pour l’instant, doit être drastiquement réduite. La tendance lourde aux licenciements massifs, à la réduction des salaires, à la destruction des secteurs utiles mais pas générateurs de profits, se déploie dans tous les pays, sans exception. Jusqu’où, jusqu’à quand ?
C’est nous, travailleurs et peuples du monde, qui fixerons la limite, qui dirons basta, on ne peut plus, on ne veut plus, on passe à d’autres rapports sociaux et ça démarre dès maintenant.
Il y a nécessairement une limite à notre acceptation de ce processus de reproduction du capital qui est un processus de destruction de l’environnement, de notre santé et de nos vies. C’est pourquoi nous détenons l’alternative : supporter encore et encore la logique capitaliste dans tous les domaines, ou bien la contester, la refuser, la miner, la briser.

On nous a assez répété que nous vivons désormais à l’ère de la mondialisation et qu’il fallait faire avec. Nous allons faire avec, mais à notre façon ! Chaque lutte, chaque grève, chaque mobilisation, révolte, rébellion, révolution doit être pensée et menée dans ce contexte mondial, en sachant que nous avons dans tous les autres pays des frères et des sœurs en lutte qui veulent, comme nous, vivre dignement, librement, heureusement. C’est cette perception qui donnera aux luttes en cours la plénitude de leur sens et un jour toute leur efficacité."
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