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Grèce : "Des défilés d’indignés dans tout le pays"

C’est le titre de l’article du quotidien Eleftherotypia (comparable au Libération français), du 30 octobre 2011, à propos des défilés du 28 octobre en Grèce.

Fait sans précédent, les défilés militaires de la fête nationale grecque du 28 octobre (en commémoration du 28 octobre 1940, jour du « non » à l’ultimatum de Mussolini, point de départ de la longue et héroïque résistance du peuple grec lors de la 2ème guerre mondiale) ne se sont pas déroulés comme prévu. (il faut savoir que, chaque année, pour la commémoration du 28 octobre, dans chaque ville du pays, les élèves des écoles défilent en parades « militaires »).

Dans de nombreuses villes et iles du pays (Thessalonique, Athènes, Xanthy, Patras, Tripoly, Nauplie, Volos, Trikala, Chios, Serres, Rhodes, Syros, Kozany, Héraklion, entre autres), ils ont été soit annulés, soit perturbés par des milliers de citoyens indignés.

Comme le rapporte le quotidien Eleftherotypia

«  A Thessalonique, le défilé militaire a été annulé .

Des milliers de manifestants de différentes groupes sociaux, réagissant à la politique économique du gouvernement, ont envahi le lieu où devait avoir lieu le défilé militaire. La place a été bloquée par les MAT [CRS grecs] et pour la 1ère fois dans les annales, le président de la République, Karolos Papoulias a été contraint de quitter les lieux et le défilé a été annulé. »
Furieux aussi de la situation, le ministre de la Défense nationale s’est également retiré, tandis que le maire de Thessalonique a caractérisé les mots d’ordre des manifestants d’ « incompréhensibles » ajoutant que « le sens de l’institution a été aboli »…

Des groupes nombreux de citoyens, de motocyclistes, de suppporters de l’équipe de foot et d’autres citoyens indignés ont envahi le Bd Alexandre le Grand, criant des slogans [« traîtres », « dehors les voleurs »] et ont approché de la tribune des officiels ; en conséquence la police a bloqué les lieux et le défilé a été annulé.

Certains des manifestants ont jeté des objets [œufs, yaourts, oranges] tandis que les messages injurieux fusaient. »

A Athènes :

« Sous haute surveillance, le défilé des élèves s’est déroulé à Syntagma, en présence de la ministre de l’éducation, et s’est terminé à 11h30 tandis qu’un nombre conséquent de gens restait à l’extérieur de l’Assemblée nationale, criant des mots d’ordre. Pendant toute la durée du défilé des élèves, on a entendu des slogans anti-gouvernementaux [dont « La Grèce n’est pas à vendre », « Pain, éducation, liberté », « Peuple, ne baisse pas la tête »], les élèves de certaines écoles ont refusé de saluer la ministre, tandis que d’autres tournaient la tête dans la direction opposée. Certains élèves portaient des foulards noirs qu’ils levaient en passant devant la tribune des officiels..
Et aussi, les membres de l’orchestre philarmonique de la municipalité d’Athènes ont exprimé leur protestation en suspendant des rubans noirs à leurs instruments de musique, bien que le maire d’Athènes les ait avertis que s’ils tentaient un tel mouvement, ils seraient envoyés devant le conseil de discipline avec un licenciement à la clé. »

A Rhodes :

« des incidents se sont produits lors du défilé qui a eu lieu dans la ville de Rhodes à l’initiative de groupes de citoyens indignés, lesquels ont forcé l’encerclement policier et ont fait mouvement [et jeté des oranges] vers la tribune officielle, où se trouvait le ministre de l’Agriculture et du Développement, des députés du PASOK et de Nea Democratia ainsi que des représentants des autorités locales. Le défilé a été interrompu et les officiels ont été évacués, sous protection de la police, jusqu’au bâtiment de la Région Nord Egée »

En Crête :

«  A Héraclion, une foule de gens ont exprimé leur désapprobation de la politique gouvernementale et jeté des objets contre la tribune des officiels, en exigeant qu’ils se retirent ; ce qui fut le cas avec pour résultat que le défilé s’est déroulé en la seule présence de l’Archevêque de Crête et des représentants du Port. »

A Patras :

« Et à Patras, où la cible des citoyens indignés était le vice ministre de la défense Nationale, la tension était vive. .. Le vice ministre a été contraint de quitter la tribune officielle peu de temps après le début du défilé, alors que des manifestants lançaient bouteilles d’eau et œufs vers la tribune. Un peu plus tôt, un groupe de manifestants, criant des mots d’ordre contre la politique du gouvernement, avaient occupé la tribune officielle, entraînant l’intervention de la police ».

A Xanthy (ville du Nord du pays), une vidéo (à visionner sur le site des indignés de Londres http://www.occupiedlondon.org/blog/2011/10/28/october-28th-is-greeces-national-beat-up-your-local-politician-day/montre des élèves quittant les rangs de leur défilé pour rejoindre la masse des manifestants.
A propos de ces « mouvements de protestation inédits » lors des défilés du 28 octobre, le quotidien « To Vyma » évoque « des phénomènes de dissolution de l’état, de paralysie des mécanismes de préservation de l’ordre public » et estime que « le gouvernement a sous-estimé les dimensions qu’ont pris les phénomènes d’illégitimité ces derniers temps mais aussi l’intensité des réactions des gens »

 
A propos de Carré Rouge
A quelques encablures du XXIe siècle, le système fondé sur la propriété privée des moyens de production et l’Etat bourgeois menace l’humanité entière de barbarie. La mondialisation-globalisation de la production et des échanges, la financiarisation des investissements, l’âpreté de la concurrence (...)
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