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Les conclusions de la réunion de coordination des Assemblées populaires grecques les 9 et 10 juillet

Les 9 et 10 juillet 2011, se tenait à Athènes une réunion de coordination des Assemblées populaires de toutes les régions de Grèce. Nous reproduisons ci -dessous la traduction du texte final qui y a été adopté.

Nous reproduisons ensuite un article paru dans le quotidien Elefthérotypia au lendemain de la grève générale des 28 et 29 juin et de la violente répression des manifestants par la police : il donne une idée du climat qui régnait alors dans l’Assemblée de Syntagma.

Texte de conclusion des deux jours de réunion des Assemblées Populaires à Syntagma (adopté le 10 juillet 2011)

Pendant 2 jours, les 9 et 10 Juillet 2011, nous nous sommes réunis en session de bilan des assemblées populaires de toutes les régions, conformément à l’appel de l’Assemblée populaire de la place Syntagma. Ont été exposées les positions, le fonctionnement et les actions de 48 assemblées, 36 le premier jour et 12 le deuxième jour. 24 d’entre elles provenaient des villes de divers districts et 24 de la région de l’Attique. Toutes les grandes villes de Grèce étaient représentées et nous estimons la représentation positive, même si nous savons que de nombreuses autres assemblées populaires fonctionnent ou commencent à fonctionner dans d’autres endroits.

La discussion a confirmé la volonté de chacun de continuer à communiquer et à coordonner notre action. Elle a montré la richesse des actions menées par les différents secteurs pour notre objectif principal ainsi que pour de nombreuses activités relatives à des problèmes centraux et particuliers.

Nous sommes sur les places du pays, parce que nous avons décidé de prendre nos vies entre nos mains, parce que nous n’attribuons plus ce droit à quiconque. Ce pari nous l’avons fait et nous le gagnerons.
Et nous réussirons, par notre participation, le contrôle direct et notre abnégation.

Grâce à notre auto-organisation et la démocratie directe des places, nous créons nos propres contre-institutions fondées sur la solidarité sociale, la mise en réseau, la camaraderie, l’esprit combatif.

Nous nous sommes rencontrés pour échanger des expériences et des idées. Nous nous sommes rencontrés afin de façonner ensemble notre voie contre les politiques antipopulaires du gouvernement, de la Troïka et de leurs courtisans de tout genre. Contre la violence de la pauvreté et du chômage. Contre la violence de l’écrasement de l’état social. Contre la violence de la répression étatique. Contre la violence des impératifs du programme à moyen terme, des mémorandums et toutes leurs mesures.

Nous sommes d’accord sur la nécessité de l’action commune et de la coordination. Nous sommes d’accord sur la nécessité de concevoir un plan pour la réalisation pratique de la revendication de démocratie directe, d’auto-organisation populaire partout.

L’exigence d’Assemblées Populaires partout, sur les places, sur les lieux de travail et d’études est à l’avant-garde de notre lutte.

Syntagma et son Assemblée populaire, est jusqu’à présent le point de référence du mouvement des places. Cependant, il pourrait se développer en un centre principal et un point de rencontre de tous ceux qui luttent socialement et sur les lieux de travail. Nous allons dans cette direction et souhaitons que la même chose se produise sur d’autres places du pays.
Dans le cadre de la coordination du mouvement, nous proposons une communication régulière entre les Assemblées Populaires, et même des Assemblées communes dans les endroits où cela est jugé nécessaire…
Le site créé sur la place Syntagma et adopté par l’Assemblée populaire de Syntagma, amesi-dimokratia.org, est la référence des Assemblées Populaires à l’échelle nationale. Sur le site, chaque Assemblée populaire a la possibilité de poster des publications et des décisions sous son titre distinctif ; il y a par exemple un emplacement pour l’Assemblée populaire de Corinthe, de Thessalonique et ainsi pour chaque assemblée. C’est l’outil par lequel nous communiquons, échangeons des points de vue et des préoccupations, choisissons des actions.

Les batailles que nous avons jusqu’à présent livrées et l’attaque que nous avons subie ont renforcé encore plus notre détermination.

Nous ne nous arrêterons pas là.

Nous l’avons promis et nous l’avons aussi décidé dans nos Assemblées populaires.

Nous ne partirons pas s’ils ne partent pas. Et même s’ils partent, nous ne retournerons pas dans nos maisons, car nous allons continuer vigoureusement et de façon déterminée à construire le nouveau modèle social que nous revendiquons.

Nous continuons notre lutte partout et toujours contre tout ce qui nous condamne à une vie sans avenir. Nous continuons à mobiliser en masse dans les assemblées, et pour les grandes étapes à venir : a) dimanche prochain, 17 / 7, jour où Hillary Clinton se rend en visite en Grèce, b) le dimanche suivant, 24 /7, anniversaire de la chute de la junte, pour dire notre propre NON à l’oligarchie contemporaine.

Nous travaillons systématiquement dans la période à venir, à l’organisation d’une réunion nationale de toutes les places cette fois-ci le 3 Septembre 2011. Une mobilisation nationale qui établira clairement pour tous que nous nous opposons à cette politique économique et sociale en cours.

Nous travaillons systématiquement dans la période à venir, à compléter le modèle de démocratie que nous voulons établir.

Les places ont constitué et constituent pour nous et pour toute l’Europe une réponse sans précédent et une école de Démocratie Directe et Sans Intermédiaire.

Nous cherchons à rencontrer tous les mouvements des places européens pour aller vers une action paneuropéenne pour l’annulation des dettes.
La démocratie directe maintenant !

Toutes les décisions par les assemblées populaires !
Justice - Egalité - Solidarité.

10 juillet 2011

En grec sur le site : http://amesi-dimokratia.org
Traduit du grec par Christiane Fourgeaud

Le lendemain de la féroce répression par la police des manifestants à Athénes lors de la grève générale de 48 heures (28 et 29 juin) contre le « Programme à moyen terme » finalement adopté, la journaliste Dinas Karatziou du quotidien Elefthotypia (édition électronique) écrit l’article suivant :

« La férocité policière a fortifié les assemblées

Les « indignés » sont encore plus indignés par les gaz asphyxiants et ont occupé à nouveau la place. Si la brutale violence policière et la guerre chimique de ces derniers jours avait pour but de nettoyer définitivement la place des gênants « indignés », alors nous pouvons parler de l’un des plus cuisants échecs du ministère de la Protection du citoyen : c’est exactement le contraire qui s’est produit. Les « indignés » n’ont pas l’intention de laisser impunie la répression étatique incontrôlée ! Les gens se sont entêtés et au lieu de retourner apeurés chez eux, ils ont occupé à nouveau la place.
Jeudi dernier, s’est tenu l’une des assemblées les plus massives depuis qu’a commencé l’expérience de la démocratie directe, fin mai. Dans un climat véritablement de fête, les gens sont arrivés par centaines, voulant montrer, comme beaucoup le disait, qu’ils « sont encore vivants au sens figuré et …propre ».

D’ailleurs, le ton a été donné dès la première phrase prononcée par les organisateurs de « Démocratie directe » : « Ils ne nous font pas peur, ils nous font nous soulever ». Bien avant 9 heures, les citoyens prirent place dans le « bas de la place » où on notait la présence dense de personnes qui jusque là restaient sur ses abords.

L’assemblée populaire a commencé sans retard, et les gens qui levaient la main pour parler étaient peut-être plus nombreux que d’habitude. Bien qu’il y eut un ordre du jour précis concernant le programme à moyen terme, certains orateurs ont voulu avec leurs prises de position, d’une part condamner la violence policière des deux derniers jours et, d’autre part déclarer qu’ils étaient là, présents, avec l’intention de rester, contre les plans que leur réserve le système de pouvoir : « Je suis profondément ému et heureux que nous soyons à nouveau ici. De vous voir tous, à nouveau. Plus déterminés, plus indignés. Ils ont cru qu’ils nous étoufferaient avec les produits chimiques, et nous sommes revenus » mentionna un orateur.

« La junte de la violence bestiale des flics, qui ont frappé des personnes âgées, des médecins soignant des citoyens avec des blessures ouvertes à la tête rend illégitime le gouvernement du mémorandum, de toute façon sans légitimité », dit un autre. « Au moment où le gouvernement répond par la violence et la répression, la place aujourd’hui se remplit à nouveau, car la peur a changé de camp. Nous ne les laisserons pas créer une nouvelle génération, privée d’éducation, de futur, d’espoir » mentionna un autre.
Tout le temps que dura la réunion, des annonces furent faites, concernant la tenue de nouvelles assemblées dans les quartiers et les places périphériques de l’Attique : « Ils ne nous font pas peur, ils ne nous terrorisent pas. Ils nous mettent en rage ; » affirma avec emphase une jeune fille de l’assemblée populaire ouverte de Péristeri, dépêchée spécialement depuis avant-hier sur la place Syntagma.
L’assemblée exprima aussi chaleureusement sa solidarité envers les 17 détenus de la place.
Les « indignés » n’ont pas l’intention de laisser impunie la répression étatique. L’équipe de soutien juridique de la place a annoncé qu’elle entreprenait une action : « Après la guerre chimique que nous avons tous subi ces deux derniers jours, nous avons décidé d’engager une action juridique. Celui qui veut porter plainte ou déposer en tant que témoin, peut venir vers nous afin que nous présentions une plainte unie. »
Les membres de l’équipe ont mentionné aussi que les victimes de la violence policière peuvent, en dehors d’un recours autonome, s’adresser à l’aide juridique, munis des certificats médicaux concernés.
Et, en dehors de l’aspect juridique, existe aussi l’aspect pratique : ainsi, la réalisation de séminaires d’autodéfense a été proposée.
« Peut-il exister une réponse démocratique à la violence du pouvoir ? » s’interrrogea un orateur.
« Comment la résistance peut-elle être non violente dans une société aussi antidémocratique ? » répondit le suivant… »

 
A propos de Carré Rouge
A quelques encablures du XXIe siècle, le système fondé sur la propriété privée des moyens de production et l’Etat bourgeois menace l’humanité entière de barbarie. La mondialisation-globalisation de la production et des échanges, la financiarisation des investissements, l’âpreté de la concurrence (...)
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