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Echos de places grecques à la veille de la grève générale et de l’encerclement du Parlement

Les mardi 28 et mercredi 29 juin, jours de discussion et de vote au Parlement d’Athènes du "Programme à moyen terme" , le nouveau plan massif de purge sociale qu’entendent imposer à la Grèce la "Troïka"(FMI, Banque centrale européenne et Union européenne) et le gouvernement Papandreou, les syndicats appellent à une grève générale de 48 heures, les Assemblées populaires se préparent à cette grève et appellent à encercler le Parlement afin d’en bloquer les accès et d’empêcher le vote.

Nous relayons ci-dessous d’une part, le texte adopté le 22 juin par l’Assemblée populaire de la place Syntgama à Athènes et d’autre part, un article de la presse grecque décrivant la vie sur une place d’une banlieue de la capitale.

1) Appel adopté par l’Assemblée populaire de la Place Syntagma à Athènes, le 22 juin 2011

Les 28 et 29 juin : 48 heures dans la rue ! Toute la Grèce à Syntagma afin que le Programme à moyen terme ne passe pas !

Depuis un mois, nous avons envahi les places dans tout le pays, revendiquant de prendre nos vies entre nos mains. Les 28 et 29 juin, notre lutte arrive à un tournant. Le gouvernement de légitimation sociale nulle, entreprend le vote du Programme à moyen terme . Ce plan ne doit pas passer. Nous ne pouvons pas permettre le pillage de la richesse nationale, il n’est pas question que nous acceptions la clochardisation du plus grand nombre pour la satisfaction des intérêts de quelques uns. Les manœuvres médiatiques, les pseudos remaniements et les chantages du gouvernement, du FMI, de l’Union européenne ne nous trompent pas. Désormais, nous savons que le dilemme n’est pas le Mémorandum ou la faillite car les mémorandums conduisent avec une précision mathématique à la faillite de la société.

Mardi et Mercredi 28 et 29 juin, jours de discussion et de vote du Programme à moyen terme au Parlement, les syndicats ont appelé à 48 heures de Grève Générale. Pendant ces deux jours, personne ne doit travailler, consommer, soutenir la moindre tentative de casse de la grève. Depuis le matin, au premier jour de la grève, nous nous rassemblons à Syntagma avec les Assemblées populaires de tout le pays et de tous les quartiers d’Athènes.

Le Mercredi 29, jour du vote du Programme à moyen terme, nous encerclons l’Assemblée nationale, nous adressons le message affirmant que le peuple le rejette.

Depuis un mois, nous démontrons qu’il n’y a pas de voie unique, que nous avons la force de tracer de nouvelles voies pour la société. Maintenant est venue l’heure de faire le grand pas suivant. Maintenant, c’est notre heure, c’est nous qui parlons !

C’est nous ou eux – Démocratie directe maintenant !

L’Assemblée populaire de la place Syntagma, 22 juin 2011.

2) Des places animées

(Article de Yorgos Kiousis publié sur le site http //www.enet.gr ,édition électronique du quotidien « Eleutherotypia » le 24 juin 2011 .)

«  Assemblée des Indignés de Néa Philadelfia et Néa Halkidona [banlieues d’une municipalité du nord d’Athènes NDLT], Mardi 22 juin – 20 heures – Place du Patriarche, devant la banque Emboriki. Journée de consultation populaire sur la dette, une information sera donnée par les économistes L Vatikiotis, Th Papadopoulos, Hatzopoulos. Elle sera suivie d’une discussion. »

Deux-trois étudiants préparent au marqueur une invitation manuscrite, et la colle sur les magasins et les immeubles de la municipalité.. Les quartiers à proximité de la place où l’on se rencontre en été pour manger une glace, s’animent, les gens se sont approchés, ils ont quitté leur canapé et la série TV du soir, et participent pour la première fois dans les assemblées populaires à la lutte contre le Mémorandum

Voilà maintenant quinze jours que la place du Patriarche fait le plein. Etudiants, chômeurs, travailleurs, jeunes, ménagères, retraités, plus de 300 à chaque fois, disent avec force « présents », se transforment en petit Syntagma à Delikias, leur quartier. Un mouvement vivant, revendicatif, pluraliste, multicolore socialement, politiquement et en âge, qui à coup sûr, a de l’avenir.

« Solidarité dans les moments difficiles »

Pour Maria Panagopoulou, ergothérapeuthe, aujourd’hui au chômage : « les rencontres ici sont une fête. Fête du peuple et de la démocratie. Je vais aussi à Syntagma. Nous essayons de trouver les moyens de coordonner nos actions contre le Programme à moyen terme et de développer une solidarité dans ces moments difficiles, d’être près les uns des autres ».

Des représentants du Comité d’audit de la dette publique distribuent du matériel d’information et expliquent la proposition faite initialement dans le cadre de la manifestation à l’Initiative des Economistes-Universitaires contre le FMI à l’été 2010.
« Nous contestons la dette illégitime, nous organisons la lutte pour son annulation, nous exprimons notre solidarité envers les peuples européens qui luttent contre les mesures d’austérité que leur imposent les gouvernements, l’Union Européenne et le FMI telles qu’elles s’expriment dans les mémorandums » : Vangelis Patrakis, retraité, lit le contenu du tract et approuve.

Aris Vassilopoulos est enseignant chômeur, et participant régulier à Syntagma et à la place du Patriarche : « Nous réagissons aux mesures gouvernementales. Nous avons tenu ces assemblées populaires dans notre ville, nous appelons à des actions dans les quartiers, pour prendre la vie entre nos mains. Nous espérons bien que, localement, les gens se mobilisent.
Ce mouvement exprime deux choses, l’indignation contre le manque de démocratie, puisque d’autres gouvernent et décident à notre place, et la nécessité de combattre contre le passage du Programme à moyen terme. Et même si il passe, le combat continuera avec des moyens de résistance et d’autres manières de revendiquer enfin un espace public d’expression. Cependant il est déterminant que nous sortions vainqueurs de la lutte contre le Programme à moyen terme. »

« La situation entre nos mains »

Nina Skamnaki, psychologue, études de doctorat, travaille aujourd’hui dans une agence PRO PO [équivalent du Loto ou de la Française des jeux NDLT] : « Enfin, nous sommes descendus dans la rue, nous nous trouvons ensemble, avec d’autres pour faire face à ce qui se passe autour de nous » nous dit-elle « Nous espérons prendre la situation entre nos mains et réaliser l’avenir comme nous le rêvons. Nous voulons aider les chômeurs et les sans-abri et aider socialement notre quartier »

« Remboursement unilatéral »

Stravos Fokaeous se prépare pour la grève de 48 heures à l’appel des syndicats GSEE et ADEDY, la semaine prochaine. « Il faut que nous intensifions notre mobilisation. Nous exigeons que soient retirées toutes les mesures qui nous sont imposées concernant la dette, nous nous opposons aux plans engagés contre les travailleurs et les chômeurs. Ces mesures servent des intérêts bien précis. La dette publique doit peser de façon équivalente sur tous les Grecs, pas sur les groupes économiquement vulnérables. Les armateurs ont 53 allègements fiscaux. Qu’ils assurent unilatéralement le remboursement de la dette. Le peuple n’en peut plus, c’est pour cela qu’il réagit et se révolte »

(Traduction du grec : Christiane Fourgeaud)

 
A propos de Carré Rouge
A quelques encablures du XXIe siècle, le système fondé sur la propriété privée des moyens de production et l’Etat bourgeois menace l’humanité entière de barbarie. La mondialisation-globalisation de la production et des échanges, la financiarisation des investissements, l’âpreté de la concurrence (...)
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