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Premier bilan et décisions principales des journées de travail

Une soixantaine de participants ont pris part aux trois demi-journées de travail. Le débat a été en permanence engagé, attentif et fraternel. On en trouvera prochainement une expression, nécessairement incomplète et subjective, dans une sorte de « verbatim » qui sera consultable sur le site de Carré Rouge à partir des notes prises par cinq camarades et synthétisées par eux (milieu de semaine). La publication de ce « verbatim » a été demandée par de nombreux lecteurs de Carré Rouge comme par des visiteurs de son site.
À une échelle modeste, la réunion a représenté un pas en avant qui peut en permettre d’autres. La teneur des débats et surtout leur ton ont permis de vérifier l’idée qui était à l’origine de la réunion, à savoir que l’entrée dans une nouvelle phase de la lutte des classes rendait possible, mais aussi nécessaire, une remise en cause des divisions et des clivages hérités des phases antérieures du mouvement ouvrier. La teneur des contributions qui avaient été préparées avant la réunion, dont certaines par des camarades non-membres de l’un des collectifs initiateurs de la réunion, tout comme la qualité de l’écoute réciproque qui a marqué les débats, ont confirmé, fût-ce à une petite échelle, répétons-le, qu’il existe effectivement des convergences et des possibilités de coopération, improbables voire impossibles auparavant, entre des groupes, des tendances, des militant(e)s, voire plus tard des organisations, issus de traditions du mouvement ouvrier qui s’étaient jusqu’ici au mieux ignorés, au pire sévèrement combattus.
La discussion du samedi après-midi a été introduite par de courtes interventions de membres des quatre collectifs explicitant brièvement leur origine et leur parcours, et pointant les questions qui leur semblaient prioritaires. Une quinzaine d’interventions ont ensuite porté sur des aspects divers du texte de convocation : le moment du capitalisme ; la situation présente des travailleurs et travailleuses dans un contexte de mondialisation accélérée du capital et de brutale restauration conservatrice, socio-politique et idéologique ; l’impasse évidente des propositions politiques qui sont faites par la gauche traditionnelle, et, y compris, l’inactualité et/ou la non-pertinence de diverses orientations et propositions développées par l’extrême gauche et l’altermondialisme officiel, en particulier si elles sont mesurées à l’aune de leur non-prise en considération de la pertinence actuelle d’un projet d’actualisation de l’idée du communisme.
Le dimanche matin, la discussion a porté comme prévu sur les émeutes urbaines du mois de novembre, en s’attachant à apprécier à la fois leurs particularités et leur portée générale par rapport aux formes nouvelles de domination et d’exploitation des salariés, à l’éclatement du prolétariat et à la marginalisation de certains de ses segments, à commencer par les jeunes des « cités ». Il y a eu, de nouveau, une quinzaine d’interventions, dont la majorité était le fait de participants qui n’étaient pas intervenus la veille. Deux universitaires, Michel Pialloux et Stéphane Beaud, lecteurs des publications des collectifs, ont participé activement à cette discussion et y ont apporté les résultats de leur travail de terrain comme chercheurs engagés.
Le dimanche après-midi, un premier bilan de la réunion a été fait. L’unanimité s’est faite pour constater que la discussion commune était possible et qu’il était donc possible de commencer à prendre des mesures pour la poursuivre et pour l’élargir. L’importance de sortir au plus vite d’un cadre de réflexion marqué par une présence trop uniforme de courants et de militants de langue française a été soulignée. Nous sommes tombés d’accord sur le fait qu’une approche "comparatiste" était essentielle pour avancer et qu’il fallait commencer par les mouvements ouvriers et sociaux les plus proches en Europe. La plus grande attention sera portée aux formes d’auto-activité des travailleurs et des exploités dans d’autres continents, à commencer par l’Amérique latine, et un maximum de matériel traduit et mis en débat. Nous sommes tombés également d’accord sur le fait que la production commune d’analyses et de débats ne devra être un pur débat "académique" mais un processus utile aux luttes et aux mouvements de résistance (le "comment" restant à définir).
La principale décision prise a été la création d’un site Internet commun, qui soit le lieu d’un processus de production en continu d’une sorte de « revue commune en évolution ». On y trouverait à la fois des textes mis en discussion avant une diffusion plus large, des matériaux de base mise à la disposition des militants, mais aussi des documents de l’histoire du combat pour l’idée communiste ou des dossiers sur les grandes questions, certaines totalement renouvelées (comme les formes de sujétion des travailleurs au capital), d’autres radicalement nouvelles, comme l’état de l’écosphère de la planète, auxquelles les salarié(e)s et les militant(e)s doivent faire face aujourd’hui. Le site comporterait un espace de discussion « interne » dont l’accès serait réservé à celles et ceux qui en accepteraient le terrain et les règles (celles-ci doivent être définies).
La « revue commune en évolution » existera de façon complémentaire et parallèle aux publications des collectifs adhérents (les quatre initiateurs et ceux qui se joindront à eux dans des formes de collaboration variées et souples). Elle n’implique en aucune manière la disparition des modes antérieurs d’apparition propres à chaque collectif, qui conserveront leur autonomie. En cas de succès, cette forme de travail pourrait avoir une expression écrite « classique » sous forme d’une revue commune à parution annuelle, traduite en plusieurs langues, où seraient publiées les productions les plus importantes du site Internet commun.
Les membres ou représentants des quatre collectifs se sont séparés en s’engageant à rédiger un texte explicitant les orientations générales qu’ils aimeraient voir adopter par cette revue et qui pourrait constituer une sorte de manifeste présentant les objectifs de la revue elle-même.
La création de ce site et de cette « revue commune en évolution » exige donc dans l’immédiat deux choses :
• la rédaction et l’adoption de ce « manifeste » ou « passeport politique », et
• l’établissement d’un « cahier des charges » pour les camarades qui accepteront de construire le site commun.
Une réunion est convoquée à Mulhouse le 4 mars soir et le 5 mars jusqu’à 15 heures pour finaliser ce travail qui sera commencé dès maintenant par échange de textes.
Les dates du 20 et 21 mai, commençant le samedi matin, ont été retenues à titre conservatoire pour une nouvelle réunion. Cette réunion aurait comme objectif d’associer des camarades italiens et allemands à notre démarche, pour adopter d’emblée l’approche "comparatiste" évoquée plus haut. Elle pourrait se tenir dans l’Est de la France (dans les Vosges) ou dans le Jura suisse. Les camarades de ces régions s’occuperont de voir ce qui est possible en matière de conditions matérielles de logement et de travail.
Un "verbatim" (subjectif et incomplet, nécessairement) sera mis en ligne la semaine prochaine, à partir des notes prises par quatre participants.

 
A propos de Carré Rouge
A quelques encablures du XXIe siècle, le système fondé sur la propriété privée des moyens de production et l’Etat bourgeois menace l’humanité entière de barbarie. La mondialisation-globalisation de la production et des échanges, la financiarisation des investissements, l’âpreté de la concurrence (...)
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