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La mobilisation contre le projet de loi sur les retraites à Mulhouse et Colmar

La mobilisation contre le projet de loi sur les retraites à Mulhouse et Colmar

Jacques Chastaing

Le mouvement est caractérisé par des manifestations massives dont la détermination semble croitre mais à ce jour encore peu de grèves, sauf bien sûr les raffineries, les cheminots, les lycéens, les travailleurs du port à Marseille.... Du coup il y a un besoin pour les manifestants qui sont radicalisés, mais qui ne sont pas en grève et qui ne peuvent donc pas faire d’AG à leur boulot, d’utiliser les manifs pour leur donner un caractère plus radical et aussi de se retrouver en AG des manifestants pour décider de la suite, prendre en main leur mouvement, parce que les syndicats - à ce qu’on voit en tous cas dans différentes villes de l’Est - ne proposent pas, ou timidement, d’AG interpro et intersyndicale ouvertes à tous. Il y a donc un décalage perceptible entre ce que veulent les militants syndicalistes et politiques de base toutes tendances confondues ainsi que le milieu mobilisé et ce qu’organisent les sommets syndicaux qui craignent visiblement de perdre le contrôle.

Voici ce qui s’est passé depuis deux jours à Mulhouse, avec un écho depuis Colmar.

Mulhouse

Manif du 12 octobre : un peu plus de monde que la dernière fois, environ 11 000. Beaucoup plus du privé, 400/500 lycéens et surtout globalement beaucoup plus de détermination. La CGT Peugeot Mulhouse a distribué un tract dans la manif appelant à occuper la gare et les voies à l’issue du parcours et de se réunir en AG pour discuter ensemble de la suite. A la fin de la manifestation, 2 à 3 000 manifestants ont suivi jusqu’à la gare malgré l’opposition des dirigeants syndicaux, tous bords confondus. 600/700 manifestants ont occupé les voies jusqu’au soir. Deux trains bloqués.

L’AG était difficile avec la foule et dans l’ambiance de blocage des voies avec le bruit de la gare et une sono pas assez puissante mais on a appelé à la constitution d’un collectif pour aller jusqu’au bout. Les cheminots nous ont invités à leur AG du lendemain pour les aider. A cette AG, outre les cheminots, des lycéens, PSA, territoriaux, enseignement, spectacle, commerce, électronique, retraités mais pas de responsables syndicaux sauf CGT. Le militant cheminot CGT appelle tout le monde à s’exprimer pour avancer ensemble. La secrétaire de l’UD CGT se fait engueuler vertement, parce qu’elle est incapable de coordonner au niveau interpro et intersyndical.

On décide de se retrouver tous ceux qui peuvent à nouveau le lendemain (13 octobre) à l’AG cheminots comme embryon d’AG commune. Puis première réunion du nouveau collectif mercredi, (l’ancien collectif retraite est mort liquidé par les syndicats qui s’opposaient à tout et par les dirigeants PCF, PG, Alternatifs qui n’osaient pas s’opposer). Etaient présents mercredi une quarantaine de militants syndicalistes de base de nombreuses professions- surtout CGT (mais aussi CFDT qui étaient venus nous chercher auparavant pour durcir l’action) - par ailleurs militants PCF, PG, NPA ou non encartés mais pas de responsables. La secrétaire de l’UD CGT s’est pointée. Devant son refus d’organiser une interpro et intersyndicale elle s’est fait prendre à nouveau à partie par les militants...y compris PCF et PG et elle est partie.

Le collectif a décidé d’aider les lycéens qui venaient de manifester mercredi et qui manifesteront de nouveau jeudi, puis d’aller chercher les étudiants pas mobilisés jusque là, enfin de préparer la manif de samedi pour y prévoir quelques surprises et organiser une large AG dans la foulée comme le 12 pour appeler et préparer concrètement l’après 16 octobre.

Il y a visiblement une demande des militants de base de s’organiser et d’agir "tous ensemble", de faire des AG interpro et intersyndicales au niveau local, et à continuer après le 16, demande dont les militants, ceux du NPA notamment, peuvent probablement se saisir avec succès.

Colmar
Les lycéens ont perturbé avec succès l’ordonnancement tranquille de la manif syndicale et l’ont animé. La aussi devant la carence de coordination syndicale, ils ont appellé le vendredi à organiser une réunion pour préparer tous ensemble le 16 et la suite.

 
A propos de Carré Rouge
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