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La victoire des maîtres chiens sans papiers de la SNCF

Nous relayons bien volontiers ce lien que nous a communiqué un camarade de la SNCF

Victoire des maîtres chiens sans papiers de la SNCF On y trouve une vidéo du plus grand intérêt et un article que nous reproduisons ci-dessous.

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"Une victoire pour les maîtres chiens sans-papiers de la SNCF

Après des mois de lutte d’octobre 2008 à aujourd’hui, et avec le soutien décisif de Sud Rail,
38 ex maîtres chiens sans papiers viennent d’être régularisés. Voici venu le moment de se réjouir
de cette belle victoire au théatre de La Belle Etoile avec la Compagnie Jolie Môme.
Ils étaient exploités par la société Vigimark ou ses sous-traitants, elle même ex-titulaire d’un marché
de gardiennage pour le compte de la SNCF et que celle-ci, sous la pression du scandale, a
dénoncé l’été dernier.
Certains travaillaient 17 heures par jour tous les jours pour 1300 euros par mois, soit 2,5 eu ros
de l’heure(cf. le billet du blog de Marie Barbier, journaliste à L’Humanité), une situation proche
du servage.
Une pensée, une prière, une adresse à tous ceux, sans doute les plus nombreux, qui ne sont pas
sortis de l’ombre.
Ils n’en ont pas eu le courage ou plutôt, ils ont été trop humbles ou encore, ils ont éprouvé de la
culpabilité alors que ce sont des victimes. Que ce combat réussi leur serve de tremplin, qu’il en
soient fiers comme sont fiers aujourd’hui ceux ici qui ont dû tant d’années raser les murs pour
ne pas finir en centre de rétention puis subir une expulsion brutale vers Babi.
L’emploi masqué mais bien réel de centaines de milliers de travailleurs étrangers privés de droit
apporte un surcroît de profit aux patrons et aux actionnaires. Cette aubaine sert de moyen de
chantage sur les salariés réguliers, renforçant la stagnation des salaires et la dégradation des
conditions de travail dans de nombreux secteurs économiques.
La recherche effrénée du profit, l’"externalisation" vers le moins-disant de travaux présentés
comme "sans valeur ajoutée" constituent les causes de ce mal. Avec cynisme, les entreprises
publiques montrent le chemin aux entreprises privées en employant de plus en plus de
stagiaires, d’apprentis jamais embauchés, de CDD, d’intérimaires, de précaires à vie à temps
partiel. On appelle cela la modernité "libérale" ou l’américanisation. Il s’agit d’être belle pour
la privatisation qui s’annonce à la SNCF, à La Poste et ailleurs.
On est bien loin de l’intérêt général.
Plus globalement, l’"externalisation", c’est l’exportation du travail vers les pays où les travailleurs
sont sous-payés et exploités. C’est exactement la situation des sans-papiers ici.
Donc le combat contre cette mondialisation inique et la lutte pour les droits des sans-papiers en
France se rejoignent. Rien que le comprendre constitue un enjeu. Nous sommes si pressés
de grimper dans un wagon sur le quai de la gare Saint-Lazare ou certains sont si désemparés en
quête sans fin d’un boulot dans les lumières endiablées de Treichville, les rues du Plateau ou
entre les baraques de Boribana. Interrogeons-nous sur les raisons légitimes, impérieuses qui les
poussent alors à tout quitter pour un espoir de vie meilleure en terre étrangère. Cela mérite la
considération et le respect, pas la matraque ni l’exploitation.
Avec la crise, l’externalisation des coûts s’accélère, le chômage explose et va miner
inexorablement le tissu social, les addictions vont se répandrent un peu plus, les conduites à
risque vont augmenter, la violence va grimper et la répression s’accentuer, les libertés
individuelles et collectives seront mises à mal. Dans le même temps, le pouvoir stigmatise
l’immigré "non choisi", le désigne, ainsi que ses soutiens autochtones, comme délinquants, et
dresse, pour cette raison et au nom de la "guerre économique" et du "choc des civilisations",
une forteresse autour de l’Europe alors que les Européens peuvent voyager et s’installer
partout. Voilà où le capitalisme financier et mondialisé nous entraîne, voilà ce que je rejète avec
force, voilà ce qui me mobilise.
Mais fait écho aussi une expérience plus intime, une belle amitié avec Mamadou, une des
personnes régularisées, un poisson noir jailli un jour de la mer, un footballeur hors pair, un
camarade sage et dévoué, que j’ai failli perdre un dimanche, arrêté par la PAF à Roissy et qu’un
policier généreux choisit de relâcher contre l’avis de son collègue ; une autre fois sous le coup
d’un arrêté d’expulsion mais libéré par le juge alors que, ce soir-là, le
centre de rétention de Mesnil-Amelot était plein. Il a son étoile, peut être avons nous la même
d’ailleurs. En tout cas nous regardons dans la même direction. Cette amitié m’est précieuse.
Plus que d’autres peut-être, elle m’a humanisé.

Personne ne devrait être enfermé dans ses frontières et qu’il soit bien clair que si nous en
sommes là, le capitalisme et les inégalités immenses qu’il entraîne en sont responsables. C’est
ainsi que l’amour humain pour exister doit combattre ce système injuste et destructeur.
Vive la lutte et que la joie demeure.

P. Fayollat"

 
A propos de Carré Rouge
A quelques encablures du XXIe siècle, le système fondé sur la propriété privée des moyens de production et l’Etat bourgeois menace l’humanité entière de barbarie. La mondialisation-globalisation de la production et des échanges, la financiarisation des investissements, l’âpreté de la concurrence (...)
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